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Opération transparence pour les laiteries

Adèle Magnard

Opération transparence pour les laiteries

Face à la baisse de consommation de lait en France, les professionnels valorisent la qualité nutritionnelle, sanitaire et environnementale de leurs produits en ouvrant les portes des laiteries aux consommateurs.

Du 24 mai au 5 juin, sept laiteries françaises ouvriront leurs portes au grand public. Cette grande « opération transparence » organisée par le Syndilait (syndicat des professionnels du lait de consommation) prend place dans un contexte de désaffection des français pour le lait. Les volumes de lait liquide vendus en grande distribution (79% du marché) sont en recul de -3,3% entre 2017 et 2018. La filière explique cette baisse notamment en raison « du déclin du petit déjeuner ».

En valeur, le recul des ventes est cependant contenu à -0,3% en raison de la hausse des ventes de laits dits « spécifiques » : labellisés, bio, aromatisés, délactosés, vitaminés, etc. Ces gammes à plus forte valeur ajoutée représentent désormais près de 26% du marché des laits conditionnés, contre 24% en 2017. Les ventes de lait bio ont particulièrement augmenté ces dernières années et représentent 11,2% des laits vendus en grande distribution. Une montée en puissance sur laquelle les laiteries ne manquent pas de s’appuyer. 

« La collecte de lait bio a plus que doublé depuis deux ans et demi, confirme Olivier Athimon, directeur général d’Eurial, la branche lait de la coopérative Agrial. Il y a une demande des consommateurs que nous voulons accompagner en encourageant les conversions ».  Pour M. Athimon, la segmentation du marché « redonne ses lettres de noblesses au lait » en valorisant la qualité et la proximité. 

Prime à la qualité

La coopérative commercialise d’ailleurs sa propre marque de lait UHT de qualité supérieure Agrilait, basée sur un cahier des charges sans OGM, avec au moins 150 jours de pâturage et s’inscrivant dans la filière Bleu-Blanc-Cœur. Ce lait est collecté sur le site de Cesson-Sévigné (Ille-et-Vilaine) à la laiterie Coralis qui ouvrira ses portes au public le 5 juin. « En 2018, la marque Agrilait représentait 8% du lait et 19% du beurre fabriqué par la laiterie », indique Thierry Collineau, directeur du site. « Ces pourcentages sont en progression pour 2019 », ajoute-t-il. 

Le label Bleu-Blanc-Cœur ainsi que les taux protéiques permettent de garantir aux éleveurs des primes sur le prix du lait. « Avec un prix de base qui était à 330 euros au deuxième trimestre, le prix de vente de mon lait peut monter à plus de 380 euros quand toutes les primes sont là », témoigne Pierrick Gibet, éleveur à Chevaigné (Ille-et-Vilaine). Il fait partie des vingt-six éleveurs bretons et normands engagés dans la démarche Agrilait, sur les 360 producteurs livrant à Coralis. Les journées portes ouvertes sont pour les laiteries un moyen de répondre aux interrogations des consommateurs en matière de qualité du lait et de contrôles sanitaires afin de « rassurer et restaurer la confiance ». 

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Commentaires 2

Amyp

La consommation baisse . Le client trouve de tout en grande surface mais qui a goût de rien et qui est cher.
Gros groupe industriel et coop sont en train de demoraliser les eleveurs qui etaient encore motivés.
Tous le monde encaisse sa marge sauf l eleveur.

Cardan372

La vraie question est : que reste t-il à l'éleveur une fois qu'il a payé son tourteau non OGM et les autres contraintes.
Bien joué avec la collecte de lait Bio. Cette fois vous avez réussi à faire en sorte que l'offre soit supérieure à la demande. Quoi de mieux pour expliquer une baisse du prix payé aux producteurs !

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