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Suicide : un vivier de 10 000 professionnels au service de la détection

Raphaël Lecocq

Suicide : un vivier de 10 000 professionnels au service de la détection

Lancé il y a un an, le réseau Agri Sentinelles se dote d’un site internet destiné à sensibiliser, former et outiller les techniciens agricoles désireux de s’impliquer dans la détection de signaux et la prévention du suicide chez les agriculteurs.

Les néo-retraités aussi

En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours. C’est la catégorie socio-professionnelle la plus exposée au risque. Difficultés économiques, engagement conséquent dans le travail, isolement, problèmes familiaux qui s’agrègent : tels sont les principaux facteurs de risque de suicide. Les éleveurs et les hommes sont surreprésentés mais il faut balayer les poncifs sur l’éleveur en système intensif et surendetté. Les néo-retraités sont également affectés.

Ils sont conseillers de Chambre d’agriculture, de centre de gestion, inséminateurs, techniciens de coopérative, vétérinaires ou encore préventeurs à la Mutualité sociale agricole. Leur point commun ? Ils sont au contact plus ou moins régulièrement et plus ou moins longuement avec des agriculteurs. La promiscuité et la relation de confiance qu’ils nouent avec eux les placent dans le second cercle, après la famille, pour détecter les signaux dits faibles et potentiellement annonciateurs d’un passage à l’acte. « Le suicide en agriculture est un phénomène endémique très ancien », rappelle Stéphane Devillers, responsable du service juridique chez Allice. « C’est un échec humain collectif. Avec Agri-Sentinelles, le monde agricole, collectivement, a décidé de passer à l’action au cœur des territoires ».

Suicide : un vivier de 10 000 professionnels au service de la détection

Passage à l’action

Il y a un an, dans la cadre d’un projet Casdar, 26 organismes agricoles fédérés autour de Coop de France et d’Allice ont décidé de sensibiliser ce vivier de 10 000 conseillers et techniciens à la détection du suicide : c’est le programme Agri Sentinelles, animé par l’Institut de l’élevage.

Attention : il ne s’agit pas de faire de chaque conseiller et technicien agricole un professionnel de la prévention. Cela, c’est bien évidemment le rôle des acteurs impliqués dans la prévention des risques psycho-sociaux, à savoir les psychologues, les assistants sociaux ou encore les conseillers agricoles spécialisés répertoriés au sein de la MSA, de Solidarité Paysans, des Chambres d’agriculture ou encore des DDT. « L’une des vertus du réseau Agri Sentinelles, via le site internet www.reseau-agri-sentinelles.fr, c’est justement de répertorier et d’identifier une liste de ces acteurs sociaux vers lesquels les professionnels agricoles peuvent orienter les agriculteurs identifiés comme étant en situation de fragilité », explique Elsa Delanoue, sociologue au sein des Instituts techniques agricoles.  « A ce jour, environ 270 professionnels de l’accompagnement des agriculteurs en difficulté figurent dans la base Agri-Sentinelles, avec leurs fiche contact, téléphone, mail et adresse, dûment renseignée, accessible aux techniciens et conseillers et bien évidemment aux agriculteurs eux-mêmes ».

Suicide : un vivier de 10 000 professionnels au service de la détection

Se déclarer volontaire, puis se former

Moyennant l’accord de leur employeur, les conseillers et techniciens désireux de s’impliquer, à leur niveau, dans la prévention du suicide, sont invités à s’inscrire sur le site internet du réseau Agri-Sentinelles. « Dans la foulée, ils auront la possibilité d’accéder à une formation destinée à identifier les situations difficiles, à adopter les bonnes attitudes et à orienter, si besoin, les agriculteurs vers un professionnel répertorié dans l’annuaire », explique Delphine Neumeister, chef de projet à l’Institut de l’élevage. Le réseau espère bien évidemment sensibiliser le maximum de sentinelles pour ne laisser aucun territoire et aucun agriculteur en dehors des radars. « Au sein de la Chambre d’agriculture du Cher, nous avons deux techniciens à temps plein sur cette problématique », déclare son président Etienne Gangneron. « Notre objectif est de rallier 30 techniciens sentinelles ». Le réseau constitué aujourd’hui de 26 organisations agricoles est bien évidemment ouvert à tout nouvel entrant. Leurs instigateurs ont notamment lancé un appel du pied aux réseaux bancaires.

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Commentaires 12

Paysanne en colère

Pourquoi pas un réseau... Le problème c'est que ces sentinelles sont issues des institutions qui ont amené les agriculteurs vers le gouffre. Comment être sûr qu'ils seront vraiment bienveillants Il y a un veritable risque de conflits d'intérêts et peut-être même de dérapage....

Coeur

Au lieu de mettre 10 000 personnes (payés correctement) a détecté les suicidaires, parmi les 600 000 chefs d'exploitations, soit une personne pour surveiller 60, soit gérer 1.15 cas par semaine. Chose impossible pour ces bureaucrates, 1 dossier par semaine, c'est trop. Un budget annuel représentant 900€ à 1 000€ par chefs d'exploitation.
Il ne serait pas plus judicieux de traiter les causes du suicide ? Ou alléger les charges des exploitants en supprimant tous ces emplois inutiles ?

Agribio

La msa ils ont qu’a moins nous sucré tout ça pour qu’ils partent en vacances, en formation aux restaurants. Forcé qu’il ne reste pas grand chose pour les retraites.

Deere 21

Je voulais prendre un saisonnier, impossible de joindre la Msa par téléphone, impossible de faire un TESA avec le site, ils ont jamais répondu aux mails.
Alors pour un suicide .....

agrume856

si on est PAYER a juste valeur ' valeur francaise et non mondiale on VIVERAI NORMALEMENT et plus de tracas plus de pression les suicides seront réduit de 90 pour cent la balle est chez vous. Vous les 10000 beau parleurs travailler comme nous et vous serez prêt a payer nos produits correctement le suicide viens de vous

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