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Trains de primeurs pour Rungis menacés : tollé politique, le marché prêt à investir

AFP

Trains de primeurs pour Rungis menacés : tollé politique, le marché prêt à investir

Des camions pourraient remplacer les trains de primeurs entre Perpignan et le marché de Rungis : face au "contresens écologique" dénoncé par les politiques, la SNCF pointe la responsabilité des transporteurs et Rungis se dit prêt à investir pour maintenir la liaison ferroviaire.

Un train réfrigéré relie chaque nuit la gare Saint-Charles de Perpignan (sud), à Rungis, en banlieue parisienne, le plus grand marché alimentaire frais du monde, pour 400.000 tonnes de fruits et légumes transportées par an. Mais son avenir est compromis : le contrat passé par deux transporteurs avec la SNCF pour assurer cette liaison arrive à échéance fin juin et ne sera pas renouvelé, a appris lundi l'AFP de sources concordantes, confirmant des informations de presse. Le nombre de trains par jour avait déjà été réduit en 2016 de deux à un seul.

Le transport routier devrait prendre le relais du rail, chaque train étant remplacé par une quarantaine de poids-lourds sur le même trajet, un scénario qui suscite un tollé. "C'est un scandale absolu et un drame sanitaire", affirme une pétition initiée par le syndicat CGT-Cheminots et le PCF, redoutant la saturation du trafic près de Rungis, une pollution accrue et la disparition d'une "centaine d'emplois".

Des responsables politiques ont embrayé : "j'ai écrit au président de la SNCF pour l'alerter sur ce non-sens économique et écologique", a tonné sur Twitter Carole Delga, présidente de la région Occitanie. Valérie Pécresse, son homologue à la tête de la région Ile-de-France, a indiqué avoir également saisi la SNCF "de cette décision absurde (...), contresens écologique absolu".

Un émoi répercuté jusqu'au gouvernement: "je ne peux pas (m'y) résoudre", a martelé dès vendredi sur LCI la ministre des Transports Elisabeth Borne, assurant alors vouloir réunir cette semaine "l'ensemble des acteurs" pour "trouver une solution".

Wagons vétustes

La SNCF, elle, renvoie volontiers la balle aux entreprises de transports concernées, Rey et Roca, basées à Perpignan. "On fait du fret conventionnel, un client-chargeur fait appel à nous, mais ce n'est pas la SNCF qui décide du sort d'une liaison", a expliqué à l'AFP un porte-parole de Fret SNCF, rappelant que le fret est soumis à la concurrence depuis une douzaine d'années.

Sur Perpignan-Rungis, les wagons frigorifiques - que la SNCF met à disposition mais dont elle n'est pas propriétaire - sont vieux en moyenne d'une quarantaine d'années, et désormais jugés trop vétustes pour en assurer la maintenance : à charge aux deux transporteurs d'assumer les frais de mise en circulation de nouveaux wagons.

"La SNCF nous a annoncé n'avoir plus de wagon frigorifique à mettre à notre disposition. On a regardé les solutions alternatives", notamment via l'achat d'équipements, a confirmé à l'AFP Gérard Malaure, PDG de Primever, maison-mère de Roca Transports.

L'équation est compliquée : "le délai de production est de deux ans", et cela supposerait un investissement total de 20 millions d'euros pour 80 wagons nécessaires, a-t-il expliqué. Or, l'amortissement serait incertain, "la SNCF ne donnant aucune garantie" sur la réservation du sillon au-delà de 2019.

Roca se prépare donc à mettre sur les routes environ 80 semi-remorques pour assurer les rotations avec Rungis, "une solution plus chère que le train". Rey n'a pas répondu aux sollicitations de l'AFP.   

Rungis à la rescousse

Rungis se dit cependant prêt à débourser 300.000 euros pour aider Roca et Rey à "louer temporairement" des wagons plus modernes, a-t-on appris lundi auprès de la Semmaris, société gérant le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis, confirmant des informations du Parisien. Le marché francilien aurait tout intérêt à conserver le train : il avait modernisé à grands frais sa gare il y a dix ans, un investissement de 20 millions d'euros réalisé avec la région, le conseil général et la SNCF.

Et Rungis lorgne désormais sur un projet ambitieux d'"autoroute ferroviaire" reliant Barcelone au marché en passant... par Perpignan, expliquait vendredi au Parisien Stéphane Layani, PDG de la Semmaris. Fret SNCF tempère : "C'est un projet distinct, qui n'est pas remis en cause. Il s'agirait d'une combinaison rail-route, impliquant des conteneurs réfrigérés".

Pas de quoi résoudre le dilemme des transporteurs perpignanais : "Pour arriver à destination en fin de nuit, le train Barcelone-Rungis devrait s'arrêter chez nous à 13 heures. Ce n'est pas compatible avec les horaires" de récolte, soupire Gérard Malaure.

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Commentaires 3

ann

c'est désespérant de voir à quel point nous sommes irresponsables en terme d'environnement... vivement la hausse des taxes pétrolières, pour éviter ces transports où le moyen de substitution existe! et aussi pour le kérosène, afin que voyager par le train pour les marchandises et les personnes devienne le premier réflexe.

SORGHO280

Que fait notre ministre de l'environnement ? Ce sujet est un vrai sujet avec des résultats mesurables immédiatement . Du pragmatisme , du bon sens ...

viande

Question environnement la France ne fait pas mieux que les Etats Unis ( la cop21 tu parles), On voit bien que les décideurs du monde sont les pétroliers et les bétonneurs!

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