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Un rapport de députés tente de déminer les guerres de l'eau en France

Pleinchamp avec l'AFP

Un rapport de députés tente de déminer les guerres de l'eau en France

Alors qu'une nouvelle sécheresse est crainte pour cet été, l'eau génère en France "convoitise et concurrence, parfois de façon intense", notamment en agriculture, indique un rapport de l'Assemblée nationale qui propose 25 recommandations pour remédier aux "conflits d'usage" qui se multiplient.

Usage de l'eau en France

La France prélève quelque 37 milliards de mètres cubes d'eau par an :

- 20,8 milliards dans le domaine de la production énergétique pour le refroidissement des centrales thermiques ou nucléaires

- 5,4 milliards pour les usages domestiques des Français, soit 170 litres d'eau par jour par usager

- 4,7 milliards pour l'alimentation des canaux

- 3,2 milliards pour l'irrigation de l'agriculture

- 2,5 milliards pour les besoins industriels.

Mesure phare proposée, la "mission d'information sur la gestion des conflits d'usage en situation de pénurie d'eau" suggère notamment de rémunérer les agriculteurs vertueux qui limitent leur consommation d'eau et l'usage des produits phytosanitaires, par des "paiements pour services environnementaux" via les agences de l'eau, avec un budget d'un milliard d'euros pour la période 2021-2025. Pour réduire la vulnérabilité des cultures, le rapport préconise aussi de sélectionner des espèces végétales moins gourmandes en eau ou plus résistantes à la sécheresse.

"L'agriculture irriguée ne représente qu'une faible part du total des prélèvements" mais elle "représente une - petite - moitié de la consommation nette annuelle et les trois-quarts de la consommation estivale" et se retrouve "très souvent au coeur des conflits" souligne le rapport.

D'une manière générale, les députés insistent pour qu'il y ait en France une "gouvernance de l'eau identique sur tout le territoire" et une gestion "par bassin versant et non par département", a résumé pour la presse la rapporteure Frédérique Tuffnell, député LREM de Charente Maritime, lors d'une visioconférence de présentation. "La question de la gouvernance est la plus importante pour éviter la judiciarisation" des conflits, a-t-elle dit.

Construction de retenues d'eau dans les Deux-Sèvres, activité industrielle de Nestlé à Vittel, gestion agricole d'une sécheresse aggravée et récurrente dans l'Indre, ou projet contesté et abandonné de construction de barrage à Sivens (Tarn) : le rapport détaille quatre types de conflits d'usages très médiatisés ces dernières années, dont trois portent sur des usages agricoles.

Selon ses auteurs, les conflits viennent souvent du "manque d'état des lieux partagés" sur l'utilisation de la ressource, ainsi que de "l'insuffisance ou du caractère trop tardif de mesures de restrictions prises". "Les conflits se sont multipliés et durcis" souligne le président de la mission, le député LFI de la Gironde, Loic Prud'homme qui plaide pour une sortie "du modèle agricole industriel".

Sur le bassin Aquitaine, 21 projets de retenues d'eau sur 34 sont en contentieux judiciaire, et 31 sur 60 sur le bassin Loire-Bretagne, a précisé Mme Tuffnell.

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Commentaires 2

Bruno 02

On a vendu nos agriculteurs contre des voitures et des airbus. Avec le confinement, seuls les agriculteurs dans cet ajustement à trois variables ont continué de travailler. Quand il n'y aura plus d'agriculteur, ni navire pour transporter de quoi acheminer vers la France ce qui était censé remplir les supermarchés, les français ne pourront même plus se consoler à manger voitures ou airbus ! Et là, soyons réalistes, ce sera la loi du plus fort et de la plus grande force de feu. La plus grande guerre civile mondiale enfin amenée par les écolos. C'est ça, l"avenir pour nos enfants ??? Je m'y refuse.

chlorophile

Dans cette guerre de l'eau il est dommage de laisser quelques écolos bloquer des projets de retenues essentiels à la survie de nos agriculteurs dans des départements qui subissent des sécheresses à répétition depuis plusieurs années. Continuons à tuer notre agriculture nous importerons massivement preuve en est avec les accords de libre échange qui sont en train de se finaliser (mercosur, ceta, ..) les dossiers avancent bien même pendant la crise sanitaire

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