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Fromages fermiers : la Confédération paysanne craint un dévoiement de la dénomination

Pleinchamp avec l'AFP

Fromages fermiers : la Confédération paysanne craint un dévoiement de la dénomination

La Confédération paysanne met en garde contre de possibles "dérives" de la dénomination de "fromage fermier", au moment où une loi est en discussion au Parlement. Le texte, qui porte sur l'information sur les produits alimentaires, ouvre notamment la possibilité d'affiner à l'extérieur de la ferme le fromage dit "fermier".

Ce texte, voté le 4 mars par le Sénat, doit être adopté définitivement le 8 avril à l'Assemblée. Problème, pour la Confédération paysanne, ce projet de loi "ne précise pas dans quelles limites l'affinage externe sera toléré" et de ce fait engendre des "risques". Le syndicat craint pêle-mêle "un accaparement de la valeur ajoutée de la mention "fermier" par les industriels affineurs au détriment des producteurs fermiers", une "standardisation des fromages produits", ainsi qu'une "perte de confiance dans la mention de la part des consommateurs".

"Cette possibilité existait pour certaines appellations d'origine avec un certain cahier des charges et là, ce serait généralisé", craint Damien Houdebine, Secrétaire national de la Confédération paysanne, joint par l'AFP. "Ce n'était fait que pour des volumes faibles", selon M. Houdebine, qui cite notamment l'exemple du Saint-Nectaire.

"Dès 1988, le fromage fermier a été défini par décret comme un fromage produit par un producteur transformant le lait de son troupeau sur son exploitation selon des techniques traditionnelles", rappelle la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) dans un communiqué. Selon elle, cette définition n'est pas remise en cause par la loi en discussion, laquelle pourrait permettre de combler le "vide juridique total" dans lequel se trouve l'étiquetage de ces fromages, alors que "plus de 10% des producteurs fermiers ont choisi d'affiner à l'extérieur leurs fromages fermiers". Un choix qui concerne des fromages très divers, "qu'ils soient sous AOP ou non, que ce soit pour tout ou partie de leurs fromages fermiers, pour une période de l'année ou toute l'année, en structure d'affinage collectif ou non", rappelle la FNPL.

"Nous approuvons la sécurisation législative pour les AOC dont l'affinage hors ferme est prévu historiquement dans le cahier des charges", indique la Confédération paysanne, qui souhaite que cette possibilité soit restreinte "aux groupements de producteurs ou à des affineurs traditionnels en zone AOC, où la tolérance existe déjà". Une garantie que la future loi n'apporte pas, selon le syndicat.

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Commentaires 2

Robert

Affinage collectivisé = productuon industrialisée
La conf veut détruire les coopératives pour en inventer d 'autres
Fromage fermier plus cher qu'en supermarché dont le goût est souvent pas terrible
Quant à l'hygiène le fabricant a un laboratoire de contrôle spécialisé ; à la ferme il faut trouver le pigeon pour le fromage détérioré car l'invendu obère la marge

viande

Nos gouvernants lors des accords internationaux prennent "toujours" la défense des produits alimentaires sous divers label, mais là c'est partis pour être la fin; si les industriels font du fermier ( du standardisé au lait pasteurisé car le lait cru doit être dangereux et ne donne pas un gout identique tout le long de l'année) , ce ne sera pour eux qu'un atout commercial de plus y compris pour les négociations internationales. Qui a dit qu'il faut des circuits courts ?

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