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Fruits et légumes : surpris en pleine saison

PARIS Le réseau CERFRANCE

Fruits et légumes : surpris en pleine saison
Fruits et légumes : surpris en pleine saison

la fraise française, stoppée net, retrouve une place en GMS

Pour le sud de la France, la mise en place du confinement a été concomitante avec l’augmentation des volumes produits, notamment en gariguette, et donc une offre plus conséquente. Le confinement a entraîné une très forte chute de la demande du 18 au 25 mars, et donc une baisse des prix (fraise déclarée en crise conjoncturelle). Quelques exploitations (en nombre très limité) confrontées à la fois à cette baisse des cours, à l’effondrement de la demande, mais aussi au manque de main-d’œuvre, ont été amenées à prendre des mesures radicales : à savoir couper les fruits formés pour stopper immédiatement la récolte et tout miser sur la remontée de gariguettes dans 5 à 6 semaines.

Mais l’espoir est revenu à partir du 25 mars, en raison d’un changement de politique des centrales d’achat de la GMS qui ont entendu le message des professionnels agricoles : « fin des achats de fraises espagnoles et des tomates marocaines » ! Les acheteurs ont approvisionné les magasins en vue du week-end du 28 au 29 mars et mis en avant les produits français. Cela a permis d’écouler les stocks des jours précédents et d’entrevoir une possible remontée des cours. Les consommateurs ont répondu présents au rendez-vous.

La tomate se reconditionne

Le marché a été lourd mais les produits se sont écoulés tant bien que mal avec des segments plus tendus que d’autres. L’équilibre est notamment plus instable en tomates cerises. Une hypothèse de la moindre consommation est la baisse des rencontres « apéros » même si elles s’organisent maintenant en virtuel !

Les tomates présentées en vrac sur les étals trouvent également moins preneurs, par suspicion de contamination. Pour y remédier, les producteurs se sont organisés en proposant des colis en « unité consommateur ». Le principe est d’offrir une quantité plus importante de tomates (par exemple 4 kg) mais dans une cagette filmée. Le consommateur se rend ainsi moins souvent chez son distributeur mais repart avec une quantité plus importante et avec un produit sécurisé. Ce conditionnement est également compatible avec la distribution en drive. Concernant la main-d’œuvre, que ce soit en exploitation ou en station de conditionnement, les effectifs sont réduits de 5 à 10% (arrêts maladie pour garde d’enfant ou personnes à risque). La tension n’est donc par encore trop grande pour assurer la continuité de l’activité, en espérant ne pas voir des salariés déclarés positifs parmi les équipes. L’accent est donc mis très fort sur les gestes barrières par l’ensemble des opérateurs.

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La règle des 80-20 en légumes de plein champ traditionnels

Le chiffre d’affaires global de l’activité légumes en Bretagne, au cours des derniers jours est relativement bon. Un certain équilibre s’est établi. Les magasins se concentrent sur 20% des références mais qui représentent 80% des volumes. Les consommateurs passant le moins de temps possible dans les magasins, voire achetant en drive, concentrent leurs achats sur quelques produits très classiques. Les produits de diversification (légumes anciens…), mais aussi les pommes de terre primeurs, champignons… sont délaissés.

L’impact sur les producteurs dépendra donc du type de légumes qu’ils produisent sur la période actuelle. Pour l’heure, certains ne vendent plus rien.

Avec le confinement et un retour du froid, certains légumes d’hiver connaissent de bons cours. C’est le cas des choux fleurs dont la cotation au 31 mars atteint le record de 2 euros la tête. Un quart des marchés de plein air, fermés en semaine 13, vont rouvrir en semaine 14. Cela devrait avoir un impact positif sur l’écoulement des légumes.

En termes d’organisation des marchés, les achats au cadran s’effectuaient déjà essentiellement à distance avant la crise (seulement 5 à 6 personnes en présentiel).

Fabien BARRABÉ et Anne BRAS - cerfrance

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