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Quand le climat pèse (aussi) sur la consommation de pommes

Raphaël Lecocq

Quand le climat pèse (aussi) sur la consommation de pommes

La pomme est une denrée météo-sensible, que les consommateurs apprécient davantage par temps froid et pluvieux. Selon une étude d’Interfel, les facteurs météorologiques conditionnent davantage sa consommation que d’autres paramètres tels que l’offre ou le prix.

Qu’est-ce qui conditionne prioritairement l’achat de pommes par les ménages français ? L’offre, le prix, les promotions, la saisonnalité ? Mauvaise pioche. « La consommation de pommes est avant tout liée à des facteurs météorologiques », déclare Dragana Miladinovic, chargée d’études à Interfel. « La température est la première variable explicative, à hauteur de 16%, devant la pluviométrie à 12%, soit un total de 28% pour les seuls paramètres climatiques. Viennent ensuite l’état de l’offre pour 13%, le prix pour 10%, le poids de l’import pour 10%, les tendances de consommation pour 8% et les interférences calendaires pour 6% ».

De la pomme par temps frais et humide

En résumé : les consommateurs français apprécient les pommes quand il fait frais et humide. Sachant que les projections climatiques à moyen et long terme sont exactement inverses, il y a lieu de s’interroger sur le futur de la pomme sous nos latitudes et dans nos paniers. La pomme est une denrée météo-sensible, du point de vue de la production, mais aussi du point de vue de la consommation. C’est l’enseignement de l’étude conduite par Interfel, avec la contribution d’un partenaire (Climpact-Metnext) spécialisé dans la mise au point de modèles économétriques évaluant l’influence du climat sur nos habitudes de consommation. L’étude porte sur une durée de cinq ans (2009-2013) et ne concerne que la consommation à domicile, jaugée à partir du panel World Kantar. A noter que l’équivalent de 25% de la consommation n’a pas trouvé de variables explicatives parmi celles analysées. « Elles sont à chercher du côté de la qualité de l’offre, de la mise en avant dans les rayons, ou encore de la concurrence exercée par d’autres produits et qui n’ont pas pu être évaluées par défaut de données », précise Dragana Miladinovic.

Tendance baissière

S’il se consomme des pommes toute l’année, la période comprise entre octobre et avril représente le plus gros de la consommation, avec des pointes enregistrées à ces deux extrémités. Le changement climatique pourrait participer à accentuer la tendance baissière à la consommation de pommes en France, relevée depuis quelques années. « La tendance est effectivement à l’érosion, tout du moins en ce qui concerne la consommation à domicile », précise l’auteure de l’étude. « Or celle-ci à tendance à augmenter. Le report vers la consommation de compote ou de pommes coupées mériterait également d’être analysé ».

La pomme souffre par ailleurs indirectement de l’allongement des périodes de production des fruits d’été, qui viennent concurrencer la pomme et retarder leur mise en avant dans les rayons. Un allongement dû au... changement climatique.

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