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Résidus de pesticides : les consommateurs de plus en plus inquiets

Raphaël Lecocq

Résidus de pesticides : les consommateurs de plus en plus inquiets

Les fruits et légumes frais demeurent des vecteurs de plaisir et de santé. Mais les traitements chimiques interrogent de plus en plus les consommateurs, tandis qu’un sur deux pense que les fruits et légumes frais renferment... des OGM.

Baromètre

Réalisé par l’Institut CSA Research pour le compte d’Interfel et de FranceAgriMer, le baromètre de confiance est une enquête de perception, et non de comportement réel, réalisée chaque année auprès d’un échantillon représentatif de 1004 individus. L’enquête 2018, la 5ème en date, a été réalisée entre le 29 novembre et le 6 décembre. Le baromètre poursuit trois objectifs : suivre l’évolution de la confiance, comprendre les inquiétudes des consommateurs et enfin mesurer l’impact de l’actualité autour de la filière sur la perception et les comportements d’achat et de consommation.

Alors que la consommation de fruits et légumes frais tend à s’éroder légèrement mais régulièrement au sein de toutes les classes d’âge de consommateurs, la confiance des consommateurs dans ces produits reste particulièrement forte, selon les données du baromètre réalisé par l’Institut CSA Research (voir encadré) pour le compte d’Interfel et de FranceAgriMer. « Le plaisir à consommer et à cuisiner ainsi que les bienfaits pour la santé restent les deux drivers de la consommation de fruits et légumes frais », analyse Sandra Marie, chef de groupe à l’Institut CSA Research. « 89 % des français sont confiants envers les légumes et 86 % envers les fruits, ce qui place ces produits juste derrière le pain, et devant les produits laitiers ». Les résultats de l’observatoire étaient présentés dans le cadre du MidFel à Perpignan (Pyrénées-Orientales).

Résidus de pesticides : les consommateurs de plus en plus inquiets

Le local fait jeu égal avec l’AB

Ces indices de confiance sont toujours davantage portés par la connaissance de l’origine des produits (33%, +4% / 2017), devant la maîtrise de l’approvisionnement (26%), l’aspect (26%), les modes de culture (17%) et les bénéfices santé (15%). « Le critère de production locale, crédité de 12%, fait quasiment jeu égal le label bio à 14% », relève Sandra Marie. « D’une manière générale, les labels bénéficient d’une excellente notoriété, qui culmine à 99 % pour l’AB et le Label Rouge et à 91% pour les AOP, AOC et IGP. Les consommateurs ont davantage confiance lorsqu’ils voient les différents logos correspondants sur les produits ».

Résidus de pesticides : les consommateurs de plus en plus inquiets

Inquiétudes sur les pesticides

D’un très haut niveau, la confiance dans les fruits et légumes est globalement stable depuis trois ans. Ce qui n’empêche pas l’émergence d’altérations, notamment auprès des 50 ans et plus. Cette catégorie de la population est sur-consommatrice de fruits et légumes frais, comparativement au moins de 35 ans. Elle est aussi davantage à l’affût de l’actualité, plutôt nourrie l’an passé avec les épisodes du chlordécone (banane), du métam-sodium (mâche) ou de l’incontournable glyphosate. « On mesure une inquiétude grandissante vis à vis des pesticides », indique Sandra Marie. « En 2018, 49% des Français ont déclaré en être très inquiets contre 36% en 2015. Les moins de 35 ans, jusque-là moins inquiets que les moins de 50 ans, sont désormais au même niveau ». Globalement 87% des consommateurs se disent plutôt inquiets et très inquiets sur la question des résidus. Les trois quarts (73%) de ces consommateurs inquiets pointent leurs impacts néfastes sur la santé.

Résidus de pesticides : les consommateurs de plus en plus inquiets

Méconnaissances et amalgames

Si les résidus de pesticides interrogent 87% des consommateurs, le second motif d’inquiétude est nourri par les OGM (87%), devant l’impact du climat sur l’offre disponible et les intoxications alimentaires. Plus grave : 48% des Français pensent qu’il y a des OGM dans les fruits et légumes frais, tandis que 26% sont incapables de se positionner sur cette question. « Les OGM ne sont pas cités spontanément par les consommateurs comme motif d’inquiétude » relativise Sandra Marie. « Mais lorsque l’item est cité dans une question, les Français font l’amalgame entre OGM et fruits et légumes frais. Dans ce même registre de méconnaissance, 49% des personnes interrogées pensent que l’on peut produire autant sans recourir aux pesticides. La filière doit communiquer pour battre en brèche ces idées reçues ».

Justement, le baromètre 2018 relate une baisse du sentiment d’être plutôt bien informé sur la production, la qualité, la traçabilité ou encore les apports nutritionnels de légumes frais. Parmi les acteurs de confiance susceptibles de bien les informer, les consommateurs plébiscitent les associations de consommateurs (82%), la famille et les amis (75%), les professionnels de santé (75%), les commerçants de proximité 71%), les scientifiques (65%), les agriculteurs (59%) ou encore les ONG (55%).

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Commentaires 6

robin

Les consommateurs peuvent bien être inquiet, car plus on va détruire l'agriculture Française et plus ils mangeront des des aliments à base de produits importés qui contiennent plus de pesticides que quand ils sont produits en France. Le résultat de la politique actuelle produira donc l'effet inverse de celui recherché, qui est de manger plus sains. Bravo à nos politiciens, bravo à la commission de l'UE !!!

digue3942

les ogm d'outre atlantique bourrés de glyphosate ne dérange personne ....

8999

malgré la possibilité d'être informé plus facilement, le consommateur ne connait plus la réalité agricole. cette ignorance le rend sensible au moindre fait mais surtout à la moindre polémique.
c'est sur cette ignorance , c'est en jouant sur la peur (le cheveu de l'enfant) que le marketing bio fait sa propagande.
qui a une idée juste de l'échelle de grandeur de résidu de pesticide. 0.2 microgramme correspond à 12 grammes pour 60 millions de personnes
que l'on mesure les traces de pesticides dans un champ bio après 3 ans de conversion, il y aura encore de l'atrazine...
tout ceci n'est que le résultat de l'agri-bashing bio qui n'a que comme argument la critique de l'agriculture classique. piteux elvv

badlnpn

Par contre, pas d' inquiétude pour le pelliculage de substrat pétrolifère de notre bonne pollution atmosphérique, que paradoxalement les médias occultent et encensent le
maximum d' automobilistes à prendre le départ pour des weekends bouchonnés.
Les pesticides beurk le pétrole bon, choisi ta pollution camarade, et annonce les morts
pour chaque camp.

digue3942

le consommateur est seulement et uniquement sensible de ce qu'il mange ;le reste se consomme à la pelle et sans restriction ....

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