anonymous

Jaunisse des betteraves : toujours au stade des incantations

RL avec AFP

Jaunisse des betteraves : toujours au stade des incantations
Julien Denormandie le 14 juillet à Arville (77) - © CGB

Alors que les principales régions betteravières - Hauts-de-France, Grand-Est, Ile-de-France et Normandie - pressent le gouvernement de "sauver" la filière, le ministre de l’Agriculture tarde à faire connaître ses décisions.

Ces régions appuient le syndicat spécialisé CGB, qui demande une dérogation pour utiliser des néonicotinoïdes afin de protéger les semences de betterave à sucre des pucerons verts, vecteurs de la jaunisse virale qui fait s'effondrer les rendements. Ces insecticides, qui s'attaquent au système nerveux des insectes, donc des pollinisateurs comme les abeilles, ont été interdits de tout usage phytosanitaire en septembre 2018.

"La filière est en danger à court terme. Beaucoup de producteurs ne vont pas prendre le risque de replanter de la betterave cette année", a déclaré Marie-Sophie Lesne, vice-présidente de la région Hauts-de-France chargée de l'Agriculture, lors d'une visioconférence de presse. La France est "à la veille de perdre un fleuron de notre économie agricole et des emplois industriels" dans les sucreries, déplore l'élue. Elle demande de "laisser le temps à la filière de s'organiser (et) à la recherche de trouver une alternative". "Sauvons la filière avec une dérogation. En parallèle, menons toutes les recherches pour se libérer de ces molécules qui posent problème", a aussi plaidé Pascale Gaillot, son homologue de la région Grand Est.  "Laissez-nous le temps", a insisté Clotilde Eudier, vice-présidente chargée de l'Agriculture en Normandie et elle-même productrice de betteraves.    

"Une solution de très, très, très court terme"

Selon le syndicat des planteurs de betteraves CGB, affilié à la FNSEA, la France ne produira pas "600.000 à 800.000 tonnes de sucre" cette année en raison d'une "absence de solution" face à la jaunisse virale. "Ce sont aujourd'hui 150 millions d'euros de pertes pour les planteurs", a affirmé mercredi le président de la CGB, Franck Sander, qui n'imagine pas que l'Etat soit en mesure de "perfuser" durablement la filière.  

La veille, le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie avait dit envisager un "soutien financier".  "On a un double choix: on change la loi (pour réautoriser les néonicotinoïdes, ndlr) ou on met une filière avec énormément de soutien financier, ce sur quoi nous travaillons avec le Premier ministre", avait-il déclaré devant les députés.  "Il faut une solution de très, très, très court terme" car les agriculteurs doivent décider dans les prochaines semaines s'ils récolteront de la betterave l'an prochain, a-t-il précisé mercredi devant la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale. La loi ne pouvant être modifiée si rapidement pour accorder la dérogation demandée, "la question, c'est quel plan de soutien il faut faire d'ici là", a affirmé le ministre, soulignant que des sucreries risquent de fermer si elles n'ont pas suffisamment de betteraves à transformer. "Je me bats pour être sûr que cette filière ne disparaisse pas."

Jaunisse des betteraves : toujours au stade des incantations

hashtag #LaBetteraveEnPéril

Dans un communiqué publié mi-juillet, la CGB et la filière betteravière annonçaient se mobiliser fortement pour trouver de nouveaux moyens de protéger les betteraves contre la jaunisse, citant le biocontrôle, la génétique, les plantes de services, voire de nouvelles molécules, tout en précisant qu’il faudra au moins cinq ans pour avoir des solutions viables. Dans ce laps de temps, la CGB demande un retour à la protection dans l’enrobage de semences, une indemnisation pour les betteraviers les plus touchés en 2020 et un soutien à la recherche génétique.

Pour alerter les élus et l’opinion, le syndicat a déployé une soixantaine de banderoles dans des champs de betteraves et aux abords d’axes routiers stratégiques. La bataille se joue aussi sur les réseaux sociaux avec le hastag #LaBetteraveEnPéril. L’opération a manifestement atteint ses cibles. Mais pour l’heure, le ministre de l’Agriculture a multiplié les incantations. Les betteraviers attendent des décisions.

Sur le même sujet

Commentaires 11

37

Aux pertes sur les betteraves, il faudrait ajouter des pertes conséquentes en blé... Il nous a été très difficile de rentrer dans les champs en octobre, les rendement sont pires qu'en 2016 pour beaucoup de céréaliers, et le report sur les cultures de printemps avec une sécheresse carabinée va achever l'année... Partout les mêmes constats, baisses de rendements, aléas climatiques fréquents, impasses tecniques à tous les niveaux (traitements de semence, désherbage, fongi de base, etc...),et dégâts de gibiers en hausse constante sur ce qui reste pour faire bonne mesure.
Et au fait, la situation n'est pas brillante non plus en bio, avec 20 qx en blé, je dis ça parce que les passages en bio s'accélérent dans le coin, et pas toujours par choix mûrement réfléchi. Ça ressemble fort à une chasse aux aides désespérées pour certains, avant la jachère définitive des moins bonnes parcelles...avec la fin du glypho l'année prochaine, la situation va être explosive en fait.
l'euthanasie programmée ?

fred

Voilà l'impasse annoncée ! Cela devait arriver ! Nous avons connu 2016 pour les céréales, voilà 2020 pour les betteraves ! quand je mets l'enrouleur dans la parcelle pour essayer de sauver ce qui peut l’être ! J'ai envie de pleurer ! Surtout que le miel de betteraves ne va rien donner non plus cette année, les abeilles ne sont pas revenues aux champs, trop de pucerons ! L'humour ne fait pas de mal mais ne remonte pas le moral ! Pour sauver ce beau jouet industriel qu'est la transformation du sucre, il va falloir que les industriels et les entrepreneurs mettent la main à la poche ! les agriculteurs seuls ne pourront pas subir cette perte seiche !

pat80

allons chercher nos semences en Belgique ou en Allemagne
nous pouvons biens importer des semences puisque nous importons des céréale au o g m et round up et du bœuf au anabolisant et nourri au o g n disponible dans tous les supermarché au consommateur qui vote écolo le Week end
l europe est déjà importatrice net de sucre sans la jaunisse
la foret amazonienne n a pas fini de bruler pour nous fournir du sucre de canne
bravo au écolo
t a déjà vu des abeilles dans un champ de betterave si oui fait une photo des abeilles en train de butiner des feuilles de betterave

Pich28

En attendant le choix de cristal union d avoir ferme 2 sucrerie va leur permettre de freiner le déficit que vont encore avoir les autres concurrents . Si les betteraviers réduisent leurs surfaces et que le gouvernement ne fait rien je croix bien que c est la fin pour cette culture

adada

il suffit de changer de production , il faut etre des entrepreneurs quand il y a quelquechose qui ne fonctionne pas .voila ce qu on entendait de la part de cerealiers au pic de la crise du lait et de suicide.... pas facile pour un betteravier de quitter la poule aux oeufs d'or quand pendant des années , elle a permis de vivre douilletement sur 80ha un mi -temps, ils ne se rendent pas compte

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier