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Maïs : faut-il re-semer après la grêle ?

Xavier ARVALIS

Maïs : faut-il re-semer après la grêle ?

Les averses de grêle ont été particulièrement intenses dans le nord de la Drôme et la vallée de l’Isère. Pour les parcelles de maïs, trois situations se distinguent, pour lesquelles il faut adapter la conduite de culture.

Comment re-semer ?

Il faut s’arranger pour détruire les repousses qui vont gêner le développement des plantes plus jeunes. Un travail du sol sur 5-10 cm de profondeur devrait suffire. Si les parcelles ont été désherbées, il n’y a pas de risque de phytotoxicité vis-à-vis du nouveau semis. Par contre, il faudra certainement prévoir un  programme de désherbage léger en fonction de ce qui repoussera. Si les parcelles ont été fertilisées, inutile de ramener de l’azote sur le re-semis.

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Selon les dates de semis, les stades des maïs oscillent actuellement entre 8 et 15 feuilles : cela correspond environ à 50 % du feuillage émis. A ce stade, l’épi est en cours de formation dans la gaine. La plante crée les ovules qui seront fécondées à la floraison.
En fonction du  stade du maïs lors de l’épisode de grêle et de l’intensité de l’orage, les pertes de potentiel son variables (tableau 1).

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Tableau 2 : Différentes situations actuellement possibles pour les maïs

Quelle que soit la situation, des pertes de rendement seront constatées, mais toutes ne justifient pas un  re-semis.
• Lorsque les feuilles sont seulement lacérées (situation 1), les plantes vont repartir et le coût du re-semis sera supérieur à ce que l’on peut gagner en rendement en re-semant.
• Lorsque le feuillage est détruit et que des pieds ont disparu (situation 2), l’incidence sur le rendement est plus grande. Les plantes vont quand même repartir. Mais certaines ne vont pas développer d’épis et risquent de taller.
• Dans les situations les plus touchées, où il ne reste que quelques « cigares » au sol avec de grosses pertes de densités (situation 3), il semble peu probable que les plantes puissent produire un épi sur l’ancienne tige. Quelques talles pourront se développer mais seulement sur les plantes les plus vigoureuses.
Pour les deux dernières situations, dans le cadre de la production de maïs à destination grain, un re-semis est justifié. Il n’est pas encore trop tard pour  semer, mais il faudra quand même espérer quelques orages durant l’été pour accompagner l’irrigation.
Pour le maïs ensilage, il faut avoir en tête qu’un maïs sans épi à la même valeur énergétique qu’un ray-grass. Il est juste très chargé en sucres solubles. Il est donc possible d’ensiler les repousses, même dans les cas les plus touchés, mais il faudra compléter la ration en conséquence.

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En cas de re-semis, choisir la bonne précocité

Voici deux analyses climatiques fréquentielle pour estimer le  groupe de précocité à choisir, afin d’arriver à 32 % d’humidité du grain ou 32 % de matière sèche plante entière à la récolte.
Attention, il faut également prendre en compte les premières gelées hivernales, afin d’assurer l’arrivée à maturité.
Les groupes de précocité sont présentés par des couleurs.

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Analyse climatique 1 : poste météo de romans sur Isère (26)

cf. tableau

Maïs : faut-il re-semer après la grêle ?

Analyse climatique 2 : poste météo de chatte (38)

cf. tableau

Thibaut RAY (ARVALIS – institut du végétal)

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