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[Point des marchés] Quand le pétrole s'échange en prix négatif, qu'en est-il pour le secteur sucre/éthanol ?

Anne Sophie LESAGE

Lundi 20 avril, un événement inédit a eu lieu sur le marché du pétrole à New York, le baril s'est échangé en prix négatif. Comment est-ce possible ? Qu'en est-il du marché de l'éthanol qui concerne directement les filières agricoles ? Quelles évolutions peut-on attendre pour le secteur sucre/éthanol dans le monde et en Europe ? Eléments de réponse avec François Thaury, Expert chez Agritel.

Ce lundi 20 avril les prix du baril de pétrole se sont échangés en prix négatifs sur l'échéance mai du WTI à New York, un événement "inédit" et "inimaginable il y a encore quelques semaines" pour François Thaury, Expert chez Agritel. En effet, dans un contexte de surproduction "personne n'a la possibilité de prendre livraison physiquement du pétrole" explique l'expert. Pour cela, les producteurs "n'avaient pas d'autre choix que de proposer une rémunération aux acheteurs qui ont la capacité de stocker". Le phénomène c'est amplifié jusqu'à atteindre un niveau négatif de 40$/baril, "du jamais vu" sur le marché du pétrole.

Comme l'or noir, l'éthanol subit de plein fouet les restrictions mondiales de déplacement ; la demande est très faible et l'offre abondante. En conséquence, les cours se sont effondrés. C'est "très préoccupant" pour les Etats Unis, le Brésil et l'Europe, pour qui l'éthanol est devenu un débouché important ces dernières années. Cette baisse des cours devrait modifier radicalement le bilan mondial. Ainsi, les producteurs de canne du Brésil pourraient changer leur fusil d'épaule et préférer comme débouché le sucre à l'éthanol. Si pour l'instant, sur le marché européen "les cours parviennent à s'émanciper des cours mondiaux" du fait de la faible production, il faut rester vigilant, insiste François Thaury. 

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