L’électricité, alternative au glyphosate ?

Raphaël Lecocq

L’électricité, alternative au glyphosate ?
Zasso

L’entreprise suisse Zasso développe un système de désherbage par électrocution, détruisant les adventices jusqu’aux racines. Le prototype est en cours d’évaluation en grandes cultures par Arvalis et en vigne par l’IFV.

L’électricité, alternative au glyphosate ?

Les avantages du glyphosate sans les inconvénients : la promesse est extrêmement forte mais elle est soutenue par l’entreprise suisse Zasso et son système Electroherb, faisant l’objet d’une dizaine de brevets. Il se compose d’un générateur, entrainé par la prise de force du tracteur, et de deux rangées d’applicateurs constituant les deux pôles d’un circuit fermé. Le courant généré est acheminé par la première rangée d’applicateurs en acier inoxydable. Flexibles, ils sont au contact des mauvaises herbes. Le courant électrique traverse les feuilles et les tiges jusqu'aux racines, provoquant l’éclatement des vaisseaux, avant de remonter vers la seconde rangée d’applicateurs. Des isolateurs en polymère empêchent l’électrification inutile du sol très conducteur.

Ni résidu, ni résistance

Le constructeur annonce une efficacité similaire à celle du glyphosate, résidus et risques d’apparition de résistance en moins. L’efficacité est indépendante de l’humidité et de la physiologie des adventices. Selon la météo et les adventices en présence, le flétrissement s’opère dans un laps de temps compris entre quinze minutes et plusieurs jours. L’opérateur peut adapter l’énergie à la flore en présence : les plantes à haute teneur en eau et/ou avec peu de tiges et de racines par rapport à leur masse foliaire requièrent moins d'énergie que les herbes hautes, denses ou ligneuses. L'efficacité́ diminue seulement si la densité́ des plantes est très élevée ou si les plantes plus petites sont protégées par d'autres. La vitesse d’exécution est comprise entre 3 et 5 km/h mais le constructeur escompte atteindre les 6 à 10 km/h avec des applicateurs avancés. La consommation de gazole est comprise entre 5 l/ha et 30 l/ha selon la flore.

L’électricité, alternative au glyphosate ?

Tests en cours

L’Electroherbe peut être utilisé en plein pour réaliser le désherbage intégral d’une parcelle mais il peut être déployé en localisé, moyennant la mise en œuvre de caches protégeant la culture en place de tout contact avec les électrodes. D’un point du vue agronomique, le concept est actuellement testé par Arvalis en grandes cultures et par l’Institut français de la vigne et du vin en viticulture. La technologie fait également l’objet d’évaluations indépendantes sur les éventuels impacts de l’électrification sur les organismes vivants du sol.  Selon Zasso, l’Electroherbe présente tous les gages de sécurité vis à vis des opérateurs (zéro contact entre les applicateurs, arrêt automatique en cas de court-circuit...). Il est aussi conforme aux valeurs seuils de compatibilité́ électromagnétique (CEM). Outre l’agriculture, le constructeur escompte développer sa technologie dans les secteurs urbains et forestiers.

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Commentaires 13

Gordianus

Il existe des prototypes de robots autonomes avec énergie électrique capables d'identifier et de reconnaitre les vivaces adventices et de les asperger de désherbant. En les équipant d'une technologie comme celle-ci ça donne de l'espoir d'avoir une vraie solution durable! Je ne connait pas la puissance électrique nécessaire pour détruire un rumex par exemple, mais en les détruisant un par un on peut peut-être y arriver avec un panneau solaire sur le robot. Tu laisses le robot tourner dans le pré il te nettoie tout, le rêve!

stef08

En accord avec vos commentaires et j'insisterais sur la mort des autres organismes non visés, cela n'aidera pas nos sols à vivre ou à revivre.

DIGUE3942

ne nous emballons pas trop vite ; l'avenir nous le dira ce que çà vaut ; je constate que çà consomme pas mal d'énergie fossile.....

Bruno 02

Outre l'électrification de tous les individus vivants, voilà 30 litres de gaz-oil par ha !!!! Elle est belle, l'alternative, non ?

Agribio

@la chèvrevache totalement d’accord avec toi, quand les paysans retrouverons du bon sens, sa ira certainement mieux. Les vaches à l’herbe, minimum de ferrailles, et molo sur les techniciens de tout genres. Ne pas oublier l’essentiel, une vache c’est tondeuse à l’avant et fertiliseur a l’arrière alors pourquoi se compliquer.

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