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L’alcool épargné par le Plan de lutte contre les addictions ?

Raphaël Lecocq

 L’alcool épargné par le Plan de lutte contre les addictions ?

Le Gouvernement a présenté le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022. Selon l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie, le plan ne comporte aucune mesure forte concernant l’alcool.

Le Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 a été validé par le cabinet du Premier ministre. Les faits remontent au 19 décembre dernier mais il n’a été dévoilé que ce mardi 8 janvier par la Mildeca, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, comme l'a révélé le quotidien Le Monde. Le document de 130 pages, mis en ligne sur le site de la Mildeca, aborde la problématique des conduites addictives associées à la consommation de produits psychoactifs tels que le tabac, l’alcool, le cannabis, ainsi que ceux liés aux écrans et jeux vidéo.

120 milliards d’euros

A la suite du Plan 2013-2017, Édouard Philippe avait demandé à ce que la Midelca propose, en lien avec les ministères concernés, « une actualisation et une intensification de cette politique, afin de protéger nos concitoyens, en particulier les plus jeunes, leurs niveaux de consommation étant parmi les plus élevés en Europe, quel que soit le produit en cause ». S’agissant de l’alcool, le texte fait état des dommages suivants pour la santé : 49.000 décès annuels (73.000 pour le tabac) dont 15.000 morts (évitables) par cancer, un nouveau-né sur 1.000 frappé du Syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF),  900 000 hospitalisations annuelles en raison de troubles mentaux ou de comportements liés à la consommation d’alcool. Du côté des dommages sociaux, l’alcool est présent dans 30% des condamnations pour violences, 40% des violences familiales,

30 % des viols et agressions. Un taux d’alcoolémie supérieur au seuil de 0,5g/l est présent dans 29% des accidents mortels de la route soit 819 décès en 2016 (conducteurs alcoolisés et victimes). Au total, le coût social annuel est estimé à 120 milliards d’euros, identique à celui du tabac.

« Aucune mesure forte »

Le plan 2018-2022 s’articule autour de six grands défis (protéger dès le plus jeune âge, mieux répondre aux conséquences des addictions pour les citoyens et la société, améliorer l’efficacité de la lutte contre le trafic, renforcer les connaissances et favoriser leur diffusion, renforcer la coopération internationale, créer les conditions de l’efficacité de l’action publique sur l’ensemble du territoire), déclinés en 19 priorités et 200 mesures. S’agissant de l’alcool, l’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (ANPAA) n’y a vu « aucune mesure forte, regrettant l’absence de politique volontariste des pouvoirs publics sur le sujet ».

Parmi les mesures figurent l’agrandissement du pictogramme « femme enceinte », la possibilité de porter sur les bouteilles des formules plus dissuasives que « à consommer avec modération » ou encore le renforcement de l’interdiction de vente aux mineurs. Contrairement à ce qui s’opère pour le tabac, le levier prix ne serait pas sollicité.

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