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Mercredi 15/04/2026
Agriculture : la mutualisation via les CUMA, un levier clé pour transmettre et installer la nouvelle génération
Une étude menée en janvier-février 2026 révèle que près de 8 professionnels du secteur sur 10 estiment que les Cuma facilitent l’installation en agriculture.
Face aux crises, le nombre d’agriculteurs diminue : seuls deux départs sur trois sont remplacés. Dans ce contexte, les Cuma apparaissent comme une solution concrète pour réduire les charges, faciliter l’installation et sécuriser les exploitations. D’ailleurs, plus de 79 % des professionnels estiment qu’elles aident les jeunes à s’installer.
La mutualisation via les CUMA, facteur clé de succès pour l'installation et l'intégration des nouveaux agriculteurs et agricultrices
Une étude menée en janvier-février 2026 auprès de 1 752 professionnels du monde agricole confirme le rôle structurant de ces associations dédiées à la mutualisation du matériel agricole et implantées partout sur le territoire français :
- 79 % estiment que les CUMA facilitent l'installation
- 79 % qu'elles dynamisent les territoires
- 80 % qu'elles favorisent la diversité et l'intégration
- 88 % qu'elles renforcent la solidarité entre les agriculteurs
Avec un agriculteur sur deux bientôt à la retraite, les Cuma s’imposent comme un levier clé. Elles allègent la charge de travail et les responsabilités, tout en offrant un cadre collectif d’entraide, de solidarité et de compétitivité favorable à l’installation des nouveaux exploitants.
Favoriser le partage de matériel agricole, une raison d'être plus nécessaire que jamais
Mutualiser plus permet de gagner en compétitivité et encourage une mécanisation responsable. Un constat largement partagé parles répondants à l’étude.
› Pour une large majorité d’entre eux, les Cuma sont le meilleur moyen de mutualiser le matériel agricole (92,4 %)
› Les Cuma sont des structures modernes et innovantes pour 75 % des agriculteurs, agricultrices et des actifs agricoles
Aujourd’hui, la France est le leader européen des charges de mécanisation. Un poids important, surtout pour les jeunes installés, qui fragilise leur modèle économique et leurs revenus.
› La mécanisation est aujourd’hui le premier poste de charges des exploitations françaises, avec une hausse de plus de 45 % du prix des équipements en cinq ans.
›Le taux d’endettement moyen en France est de 192 000 € par exploitation.
L’économie que permet la Cuma, en réduisant de 17 % en moyenne les charges de mécanisation, constitue un réel gain pour les nouveaux installés.
Moins d'agriculteurs dans les champs, c'est plus de besoin de soutien dans leur activité
Depuis 2026, la France encourage davantage la mutualisation du matériel via les Cuma. Un crédit d’impôt dédié a été voté pour soutenir la mécanisation collective et accompagner ce modèle d’avenir.
En France, un agriculteur sur deux adhère à une Cuma. Pourtant, moins de 10 % du matériel est mutualisé, ce qui montre un fort potentiel de développement. Mais sur le terrain, il n’y a pas d’opposition : il y a une complémentarité des solutions
› 90 % des agriculteurs en Cuma ont aussi recours à d’autres services pour externaliser certains travaux et accéder à du matériel qu’ils n’ont pas sur leur exploitation, via la copropriété, l’entraide et les Entreprises de Travaux Agricoles (ETA) notamment.
› Loin d’être en opposition, la complémentarité de ces modèles est nécessaire à l’équilibre et à la pérennité de l’agriculture française dans un contexte de tension sur la reprise des fermes. Moins d’agriculteurs dans les champs, c’est plus de besoins de soutien dans leur activité, par l’externalisation ou la mutualisation !
Pour une mécanisation responsable, rééquilibrer les usages entre équipement individuel, externalisation et mutualisation
« Les Cuma sont les seules à permettre une mécanisation réellement partagée entre agriculteurs et agricultrices, à prix coûtant. Elles rendent possible une agriculture à la fois compétitive et responsable, en s’appuyant sur un modèle coopératif sans recherche de profit. Pendant des décennies, la fiscalité a soutenu l’équipement individuel. Le crédit d’impôt mécanisation collective adopté par le Parlement en février 2026 marque un tournant : il reconnaît enfin la valeur d’un modèle collectif, responsable et au service des agriculteurs et des agricultrices. »
Marine Boyer, Présidente de la FNCuma
Un rééquilibrage, pas un avantage
Depuis plus de 50 ans, la fiscalité favorise l’équipement individuel. Le crédit d’impôt pour la mécanisation collective vient rééquilibrer ce modèle en reconnaissant la mutualisation.
Concrètement, ce dispositif :
› Bénéficie directement aux agriculteurs et agricultrices, qu’ils soient imposés à l’impôt sur le revenu ou sur les sociétés
› Corrige une incitation fiscale orientée depuis les années 70 vers la seule mécanisation individuelle
› Encourage un modèle de coopération fondé sur la mutualisation des investissements.
› Vient compléter les leviers existants pour soutenir les agriculteurs, qui, de moins en moins nombreux, doivent organiser leur activité en combinant mutualisation et recours à des solutions externalisées.
Ce rééquilibrage est essentiel face à un écart de soutien public important : plus d’1 milliard d’euros pour l’équipement individuel, contre seulement 30 millions pour la mutualisation (0,03 %).
« Grâce à cette mesure, l’État encourage la mutualisation des charges à prix coûtant et permet aux exploitants agricoles de réduire leurs coûts de mécanisation. Soutenir les Cuma, c’est faciliter l’installation et la transmission des exploitations. C’est un levier concret pour le renouvellement des générations agricoles, mais aussi un moyen de limiter l’impact environnemental de la mécanisation. C’est un investissement stratégique pour la souveraineté agricole française », conclut Marine Boyer