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Vendredi 10/07/2026

Le maïs dévisse

Publié par Pleinchamp

[Edito] Sécheresse, canicule, surfaces en chute libre : la production française de maïs est d’ores et déjà annoncée aux plus bas niveaux. Une situation qui ravive la question cruciale : comment sécuriser l’accès à l'eau pour produire demain ?

L’agriculture française est entrée « en mode crise », selon les termes de la ministre Annie Genevard. Vendredi 10 juillet, plus de 70% du territoire était concerné par une mesure de restriction d’eau. Quarante-deux départements sont en situation de crise sécheresse. La quasi-totalité de l’Hexagone est en alerte canicule.

A l’exception des secteurs arrosés par les orages très localisés en juin, aucune pluie significative n’a permis de renflouer le réservoir en eau des sols depuis la mi-mai. Si l’ampleur finale des pertes est encore difficile à évaluer, toutes les filières, animales comme végétales, en pâtissent durement.

Des perspectives catastrophiques pour le maïs

Comme l’ensemble des cultures d’été, le maïs paye un lourd tribut. La flambée des cours des engrais avait déjà dissuadé bon nombre de producteurs d’en semer. La chute des surfaces est particulièrement marquée à l’ouest du pays : -35% en Poitou-Charentes, -33% dans les Pays de la Loire et le Centre-Val de Loire, -22% en Midi-Pyrénées. En Aquitaine, première région de production, la sole reculerait de 16%.

Le manque d’eau et les fortes chaleurs affectent la croissance des maïs au moment où de nombreuses parcelles approchent de la floraison, stade le plus sensible au stress hydrique. La situation est particulièrement préoccupante pour les maïs non-irrigués, dont une partie sera ensilée à la place d’être récoltée en grains. Mais dans les cas où le taux de matière sèche est trop bas, même l’ensilage ne sera pas une option viable.

Quant au gros tiers des maïs qui sont irrigués, les besoins en eau sont durs à satisfaire compte tenu des fortes chaleurs. A cela s’ajoutent les restrictions de prélèvement mises en place dans plusieurs départements.

Irrigation : un enjeu massif d'investissement

La production nationale de maïs est d’ores et déjà annoncée à son niveau le plus bas depuis 1990, limitant l’approvisionnement et la disponibilité, y compris pour les maïs semences. La France n’est pas un cas isolé : au niveau européen, le potentiel de récolte pourrait tomber à 45 millions de tonnes selon les analystes d’Argus, ce qui serait le plus bas depuis 1981. Les Etats-Unis ne sont pas épargnés : le Midwest américain devrait connaître au cours des quinze prochains jours des températures élevées, en pleine période de floraison du maïs.

Comme chaque année, la question du stockage de l’eau revient, exacerbée avec les précipitations record de cet hiver et les chaleurs historiques de ce début d’été. D’ici 2050, même dans les scénarios les plus sobres en matière d’usages de l’eau, la demande en irrigation est amenée à augmenter fortement, entraînant un besoin massif en investissements. Pour le maïs, mais aussi pour les autres cultures, l’accès à l’eau devient indispensable pour sécuriser non seulement les productions, mais aussi les installations et le renouvellement des générations.