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Jeudi 08/10/2026

Assurance prairies : Annie Genevard place le satellite sous surveillance

Publié par Pleinchamp

Face à la défiance envers l’Indice de production des prairies (IPP), la ministre de l’Agriculture a annoncé plusieurs mesures de « réassurance », dont une consistant à croiser les données du satellite avec celles des 350 fermes de référence. Et à communiquer les résultats en toute « transparence ».

« Dans le Puy-de-Dôme, dans une commune où les pertes atteignent 40% aujourd’hui, avec 150 vaches allaitantes et 200 ha de prairies, l’assuré percevrait 34.000 euros contre 5000 euros pour le non-assuré. Dans le Cantal, dans une commune ou les pertes atteindraient 37% aujourd’hui, avec 75 vaches allaitantes et 100 ha de prairies, l’assuré toucherait 15.000 euros alors que le non-assuré n’en toucherait que 2000. En Seine-Maritime, où les pertes sont en moyenne de 31% fin août, avec 120 vaches allaitantes et 30 ha de prairies, l’assuré percevrait 3000 euros contre 85 euros pour le non-assuré ». Tels sont les exemples cités par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard lors de son discours prononcé jeudi au Sommet de l’élevage à Cournon (Puy-de-Dôme), à l’occasion duquel elle a par ailleurs annoncé plusieurs mesures destinées à renforcer le plan CASI.

« L’agriculture brûle, le satellite regarde ailleurs »

 

Si la ministre s’est muée quelques instants en véritable VRP, c’est parce que la défiance envers l’assurance prairies est aussi vieille que son instauration le 1er janvier 2023, ce que l’année radioactive 2026 n’a pas refroidie.

Annie Genevard intervenait après qu’une vingtaine d’éleveurs, aux couleurs de la FNSEA et des JA, aient investi les lieux avec une banderole griffée « l’agriculture brûle, le satellite regarde ailleurs », en référence à l’Indice de production des prairies (IPP) qui permet d’évaluer, du 1er février au 31 octobre, l’état de la pousse de l’herbe en balayant tous les jours l’ensemble du territoire.

Satellite versus fermes de référence

Le satellite est-il aveuglé par le soleil ? Pour lever les doutes, la ministre va diligenter le croisement des données du satellite avec celles des 350 fermes de référence réparties dans les zones fourragères. « Je m’engage à ce que le résultat de ce travail vous soit communiqué au plus tôt en toure transparence et à vous présenter les conclusions que l’on en tire pour la suite, y compris si cela implique de modifier le système, a assuré Annie Genevard. Aucune information n’est gardée secrète de notre côté, Si une réforme ne trouve pas son public, c’est qu’il faut regarder comment l’améliorer et j’y suis prête ».

En attendant, et mue par une volonté de « transparence », Annie Genevard a annoncé la publication d’une quatrième carte correspondant aux relevés arrêtés le 30 septembre.

La ministre va par ailleurs demander aux préfets concernés de réunir les Comités départementaux d’expertise dès le mois d’octobre, puis une seconde fois à la fin du mois de novembre, après la publication des données définitives, conformément à la loi visant à lever les contraintes à l’exercice du métier d’agriculteur d’août 2025. « Ces réunions permettront de confronter les données satellitaires aux observations du terrain ».

Les assureurs vont également se voir rappeler certaines de leurs prérogatives. « Il serait incompréhensible et insupportable qu’un éleveur qui veut contester son indemnisation auprès de son assurance ne puisse pas le faire par manque d’information. Chaque assureur devra faire connaitre ses voies de recours et accélérer le plus possible ses dossiers de réclamation et d’indemnisation », a prévenu la ministre.

« Ni déni, ni angélisme »

« Il n’y aura ni déni, ni angélisme, de la part de l’Etat sur ce sujet, a poursuivi la ministre. Si un outil est mal compris, s’il génère des incompréhensions, s’il n’est pas ajusté, il faut regarder ce qui doit être modifié pour que les gens y adhèrent, je n’ai aucun problème de principe sur ce sujet ». Avant de reprendre ses habits de VRP. « Il n’y a pas de meilleure protection que le principe de l’assurance, c’est une mesure de gestion fondamentalement utile, d’autant que l’Etat rembourse 70% de la cotisation ». Annie Genevard a au passage annoncé que « tout est mis en œuvre pour que la cotisation devienne bientôt nette de subvention ».