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Vendredi 28/08/2026
Blé français : la rentabilité reste en péril malgré la hausse des cours
[Edito] Alors que les attaques contre les infrastructures portuaires en mer Noire relancent la volatilité des cours du blé, les agriculteurs français restent confrontés à des coûts de production élevés. La probabilité d’une baisse des surfaces pour la prochaine campagne est réelle.
Voilà plus de quatre ans que la guerre entre la Russie et l’Ukraine bouleverse les flux de matières premières agricoles et impacte les cours mondiaux. Mais ces dernières semaines, le conflit est entré dans une nouvelle dimension avec des attaques de drones et de missiles frappant des infrastructures d’exportation des grains en mer Noire. La récente attaque ukrainienne d'envergure contre Novorossiysk, grand port commercial russe, a considérablement perturbé les flux logistiques du premier exportateur mondial de blé. De son côté, Moscou a intensifié ses frappes contre les installations logistiques et de stockage ukrainiennes. Aucun signe d’apaisement n’est pour le moment en vue, et, bien plus que la sécheresse, cette situation entraîne une nouvelle volatilité sur les cours du blé.
Les fondamentaux du marché mondial sous pression
Il faut dire qu’en parallèle du blocage de la mer Noire, les fondamentaux du marché mondial du blé sont tendus. La moisson des huit plus grands exportateurs mondiaux de blé (Union européenne, Ukraine, Russie, Etats-Unis, Canada, Argentine, Australie, Kazakhstan) a été nettement révisée à la baisse ces trois derniers mois. Selon le cabinet Argus Media, la production de ces pays devrait être réduite d’au moins 50 millions de tonnes par rapport à l’an passé. En conséquence, les stocks de blé vont revenir sur des niveaux habituels après avoir été très hauts l’an dernier.
Mais si le blocage de la mer Noire se poursuit, ces stocks devraient baisser et les prix se tendre davantage. Sur l'échéance Décembre d'Euronext, les cours du blé ont retrouvé un plus haut de clôture de l’année au-dessus du seuil des 245 €/t, après avoir pris près de 10 €/t en l'espace d'une semaine.
La rentabilité française toujours à la peine
Il n’en reste pas moins que la rentabilité du blé français reste toujours limitée. En moyenne sur la Ferme France, Argus Media estime les coûts de production du blé pour 2026 à 230 €/t, et à 220 €/t pour 2027, en raison notamment de la flambée des engrais.
Selon une enquête réalisée par le cabinet au printemps, un tiers des agriculteurs envisagerait de réduire ses surfaces de blé tendre, au profit de cultures moins gourmandes en intrants comme les protéagineux, le tournesol, ou encore… la jachère.