Bovin : conjoncture sem 42-2020

Recul de la demande pour la restauration

La France reste un grand pays consommateur de viande, avec des produits de grande qualité quand on prend le temps de chercher. Même si la tendance au flexitarisme prend de l’ampleur, de nombreux consommateurs aiment se faire plaisir devant une belle pièce de bœuf. Mais cet intérêt pour la viande se décline de plus en plus souvent dans un restaurant ou dans la restauration hors foyer. Or les restrictions imposées par le gouvernement pour enrayer la propagation du Covid 19, ont réorienté les achats dans les GMS pour une cuisine à domicile notamment dans les viandes transformées. Avec 18 millions de têtes, la France reste le premier cheptel européen, mais l’érosion se poursuit suite aux sécheresses successives. Cette fonte des volumes aurait dû alléger le marché et redonner de la fluidité dans les échanges, mais le bouleversement du commerce du jeune bovin a changé la donne en renationalisant une partie de la production normalement destinée à l’export.

Le relèvement des prix des Charolaises initié par les acteurs majeurs du marché, a eu un impact significatif sur la valorisation du minerai. Cela permet un meilleur équilibre économique quand quelques morceaux nobles passe au hachoir. Ce relèvement des prix est également un signe donné aux distributeurs à l’amorce des négociations commerciales de fin d’année.

Une grande partie des viandes dédiées aux fast-foods ou à la restauration spécialisée viande est d’origine française avec une volonté d’afficher une bonne image auprès des éleveurs et des consommateurs. Les produits de l’UE sont également présents pour des notions d’équilibre matière et de prix comme le sont nos jeunes bovins sur l’Italie. 

L’animation commerciale est assez compliquée sur le marché de la viande, avec des industriels qui doivent pallier aux annonces de restriction de lien social et aux conséquences du couvre-feu dans 8 grandes métropoles. A la veille des vacances et la fermeture des cantines, les industriels ont réduit leur activité notamment sur le grand Ouest. L’accroissement du volume d’activité au niveau national s’explique par l’accentuation de l’offre dans les régions montagneuses avec les descentes d’estive.

 

Le rafraîchissement des températures est en revanche favorable pour relancer la vente de bourguignon et de pot-au-feu (les joues de bœuf sont en tension dans les abattoirs). Les viandes hachées fraîches enregistrent un recul des ventes à l’approche des vacances scolaires, mais la demande reste soutenue pour la consommation à la maison avec plus de télé travail conjugué à la présence des enfants.