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Mercredi 14/01/2026
Pyrénées-Orientales : 4 ans de sécheresse résorbés en 1 un mois de pluie ?
Aux avant-postes du changement climatique, le département a retrouvé en 2025 un niveau de pluviométrie supérieur aux normales, laissant entrevoir une sortie de crise remontant à 2021. Les chantiers de sécurisation de la ressource, soutenus par l’Etat et les collectivités, suivent leur cours.
255 mm : c’est la quantité de pluie qui est tombée à Perpignan-Rivesaltes (Pyrénées-Orientales), station météo de référence départementale, au cours du seul mois de décembre. Selon Météo-France, décembre 2025 s’inscrit ainsi comme le troisième mois de décembre le plus pluvieux depuis 1959. Sur l’ensemble de l’année, la pluviométrie s’établit à 663 mm sur cette même station, en hausse de 15% par rapport à la moyenne 1991-2020 (578 mm).
L’année 2025 marque ainsi une rupture avec un cycle ininterrompu de déficits entamé en 2021 (426 mm, -26% par rapport aux normales), pointant à -47% en 2022 (305 mm), -57% en 2023 (246 mm) et -12% en 2024 (508 mm).
Depuis 2022, le département est en alerte sécheresse quasiment 12 mois sur 12 sur une bonne partie de son territoire, confinant à la semi-aridité et engendrant une insécurité affectant le quotidien de ses habitants, soumis à des restrictions d’usage… quand l’eau coulait encore au robinet. Car une dizaine de villages a en effet connu des séquences de rupture d’alimentation de leur réseau, compensées par l’installation de containers dans les rues et la distribution de bouteilles.
Avec le tourisme, l’agriculture est la victime expiatoire de la raréfaction de la ressource, avec des vendanges « Corinthiennes » , des arbres fruitiers séchant sur pied et des éleveurs contraints de se défaire de leurs bovins pour pallier le manque d’herbe.
Bien conscient que le département était aux avant-postes du changement climatique, l’Etat a élaboré spécifiquement un Plan de résilience pour l’eau au soutien de sept projets d’aménagement, dont la réutilisation d’eaux usées traitées (REUT) au bénéfice de l’irrigation, la création d’une retenue dans un village viticole, la rénovation de canaux ancestraux ou encore le financement d’un étude évaluent la prolongation du réseau Aqua Domitia provenant du Rhône et s’arrêtant aujourd’hui dans l’Aude. Le département émarge également au Plan Agriculture climat Méditerranée et au Fonds hydraulique agricole, deux dispositifs dont les dotations viennent d’être rehaussées.
La recharge des nappes en question
Plusieurs de ces projets, que les récentes pluies ne vont évidemment pas contrarier, devraient voir le jour cette année. Car la situation des nappes vaut encore au département une tâche rouge sur la dernière carte de situation publiée par le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) et qui, dans un passé encore très récent, évoquait un risque de salinisation irréversible.
Selon le syndicat Mixte pour la protection et la gestion des nappes de la plaine du Roussillon, les pluies de ces dernières semaines devraient néanmoins contribuer à recharger les nappes sur une bonne partie du territoires dans les semaines à venir. Les pluies ont déjà permis de remplir deux des trois principales réserves que sont la station-barrage de Caramany (27,5Mm3) sur l’Agly et le lac de Villeneuve-de-la-Raho (17,7Mm3), alimenté par le Têt. La station-barrage de Vinça (24,4Mm3), sur la Têt, n’a pas encore été rechargée, conformément à son statut de lac écrêteur de crue. La neige, également tombée en abondance, (c’est l’autre bonne nouvelle de cet hiver), y contribuera dans les mois à venir, sans exclure la survenue de nouvelles pluies significatives d’ici au printemps.


