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Vendredi 23/01/2026
Un coup de froid sanitairement bénéfique pour les élevages
[Conjoncture bovine] Avec le vrai coup de froid de ce début d’année, la charge vectorielle favorable à la dissémination des épizooties (FCO, MHE) a été fortement amoindrie.
Conjoncture – Le recul de ces maladies est notoire sur le Grand Ouest, face à une forte mobilisation des éleveurs qui ont vacciné leurs troupeaux. Cela ne veut pas dire que ces maladies sont éteintes et les efforts doivent se poursuivre, car tous les éleveurs qui ont été touchés par ces maladies en connaissent les conséquences dramatiques sur leurs troupeaux. Le ministère de l’Agriculture et les GDS insistent à ne pas baisser la garde.
Du côté de la DNC, aucun nouveau cas n’a été déclaré depuis le 4 janvier, ce qui démontre l’efficacité du triptyque (dépeuplement des foyers détectés, restriction de mouvement et vaccination globale des zones susceptibles d’être atteintes). La contestation d’une partie des éleveurs reste néanmoins très forte envers la gestion de cette maladie, car ce sont eux les premières victimes. Mais force est de constater que les mesures sont efficaces avec la levée de la zone réglementée de Bourgogne-Franche-Comté, soit 45 jours après le dernier cas détecté. Ce passage en zone vaccinale permet une reprise des mouvements d’animaux vers la zone saine, mais également à l’export avec des contraintes drastiques qui limitent, dans les faits, le nombre d’animaux éligibles. Ces zones vaccinales sont établies pour une durée de 14 mois pour les départements sortis de zone réglementée et de 8 mois pour ceux qui ont opté pour une vaccination volontaire. Les éleveurs en ont donc pour de longs mois à subir les restrictions commerciales, en espérant que cette maladie soit éteinte.
Du côté espagnol, le dernier cas remonte au 7 janvier dans une ferme très proche de la frontière française. Les mesures de traitement de cette maladie sont identiques à celles prises en France, avec une situation qui évolue favorablement. Néanmoins, il n’y a toujours pas d’accord bilatéral avec l’Espagne sur la possibilité d’exporter des animaux des zones vaccinales.
Si on recentre la focale sur l’élevage français. Les projections de l’Idele pour 2035 annoncent une réduction persistante des cheptels laitiers et allaitants. Les éleveurs, les négociants et les industriels le constatent tous les jours, que ce soit dans le secteur laitier ou allaitant. Ces réductions de production n’intègrent pas les pertes induites par le nombre important de génisses et de vaches qui ne sont pas pleines, en conséquence des épizooties de FCO. Dans certaines exploitations, le renouvellement du cheptel est compromis avec des éleveurs qui recherchent des génisses et des vaches pleines sur le marché (très peu disponibles). La DNC a cependant permis un effet bénéfique sur le marché : celui de renationaliser le commerce des veaux pour la production de jeune bovin. Les industriels et les opérateurs commerciaux ouvrent dans ce sens pour contenir l’érosion de la production et maintenir des flux nécessaires aux abatteurs pour qu’ils continuent de proposer demain de la viande française à une population, qui a montré un large soutien aux éleveurs lors des derniers mouvements de protestation.