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Mercredi 29/04/2026
Buses anti-dérive : comment réduire la dérive sans perdre en efficacité ?
La dérive de pulvérisation reste un enjeu majeur pour sécuriser les applications phytosanitaires. Choix de la buse, volume de bouillie, type de produit : quelles sont les solutions les plus efficaces pour limiter cette dérive tout en maintenant un haut niveau d’efficacité ?
Comment réduire la dérive de pulvérisation au maximum ? La règle de base consiste à ajuster les rampes à 80 cm de la cible pour des buses de 80° et à 50 cm pour des 110°, et à pulvériser par temps calme, avec une vitesse du vent inférieure à 19 km/h. La présence de vent, même faible, est déjà source de dérive, car plus une goutte est fine, plus elle est légère… et plus elle peut être emportée par le vent. À l’inverse, des gouttes plus grosses sont moins sujettes à la dérive.
Choisir le bon type de buse selon l’objectif
Quatre types de buses sont disponibles sur le marché, chacun générant des tailles de gouttes différentes et permettant de réduire plus ou moins efficacement la dérive (tableau 1).
Tableau 1 : Types de buses commercialisés en grandes cultures et conditions d’emploi
Les buses à fente classique produisent des fines gouttes et s’utilisent entre 2 et 3 bars de pression. Elles sont de plus en plus suppléées par les buses à fente classique basse pression, utilisables dès 1,5 bars. À l’opposé, les buses à injection d’air produisent de grosses gouttes. Celles-ci s’utilisent entre 3 et 6 bars pour les « classiques », tandis que les « basses pressions » s’utilisent entre 2 et 5 bars. Modèle intermédiaire, les buses à pastilles de calibrage s’utilisent, quant à elles, entre 2 et 3 bars de pression.
Les buses à injection d’air disposent d’une homologation antidérive avec des classes de réduction de 66 %, 75 % et jusqu’à 90 % pour les plus performantes. Dans tous les cas, elles forment de très grosses gouttes par effet venturi : un trou sur le côté des buses permet l’aspiration d’air et la production de grosses gouttes chargées d’air.
Ce dernier type de buses est à utiliser de préférence - tant que l’efficacité des produits n’est pas affectée. C’est le cas pour tous les produits racinaires, quel que soit le volume de bouillie utilisé. Pour les produits systémiques ou de contact, les buses à injection d’air donnent de bons résultats moyennant parfois un ajustement du volume de bouillie.
Les essais conduits par Arvalis en 2021 avec une association d’herbicides racinaires montrent que les efficacités restent élevées et similaires, quel que soit le type de buse utilisé. Ils corroborent des essais plus anciens sur isoproturon notamment. Les buses homologuées à 90 % sont donc à utiliser en priorité pour limiter les transferts en dehors de la parcelle.
Produits foliaires : attention au volume de bouillie
Pour les herbicides à action de contact, des essais conduits en 2022 par Arvalis et l’ITB montrent que le volume de bouillie joue significativement sur l’efficacité du produit, quelle que soit la buse : sur une flore peu développée, le traitement est plus efficace à 150 l/ha qu’à 50 ou 80 l/ha. Pour être efficace, le produit doit toucher le maximum de la surface de l’adventice.
Ces essais ont également montré une interaction significative entre le volume de bouillie et le modèle de buse : à 50 et 80 l/ha, seules les buses à fente classique basse pression (XR, Teejet) sont efficaces (note supérieure à 7/10). À 150 l/ha, les buses à injection d’air classique (ID, Lechler) et basse pression (CVI, Albuz) homologuées à 66 % et 75 % sont aussi efficaces que le buses à fente classique, mais pas les buses homologuées à 90 % (TTI, Teejet dans nos essais) qui elles, sont à proscrire dans ce cas.
Pour les herbicides systémiques, le volume de bouillie peut être réduit jusqu’à 50 l/ha quelle que soit la buse, sauf pour les petites cibles avec des buses à injection d’air homologuées à 66 % et 75 %, où le volume minimal est de 80 l/ha. Pour les buses homologuées à 90 %, les essais sont toujours en cours d’acquisition.
Quant aux traitements fongicides, le type de buse et le volume de bouillie n’impactent pas leur efficacité, à une exception près : les fongicides visant la fusariose des épis, pour lesquels un volume de 150 l/ha est requis quelle que soit la buse utilisée (fente classique, injection d’air ou double fente).
Figure 1 : Volume de bouillie minimum en fonction du mode d’action du produit, de la taille de la cible et du type de buse utilisé

