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Jeudi 20/08/2026
Couverts végétaux : ne laissez pas la sécheresse du mois d’août décider à votre place
Semer un couvert dans la poussière n'a aucun intérêt. Mais renoncer dès aujourd’hui peut coûter plus cher : plusieurs dizaines d'unités d'azote risquent de quitter le système au lieu de profiter à la culture suivante.
Entre sécheresse estivale, coût des semences et incertitudes climatiques, la tentation est parfois forte d'abandonner les couverts végétaux lorsque les sols sont secs. Pourtant, les couverts constituent un levier important pour valoriser l'azote présent dans les sols, préserver leur fertilité et limiter les charges de fertilisation futures. La décision mérite donc d'être conservée ouverte au moins jusqu'à la fin août, voire début septembre.
Un rôle clé pour conserver l'azote dans le système
Dans le contexte de hausse du prix des intrants, chaque unité d'azote compte. Or, après récolte, les sols contiennent encore des quantités importantes d'azote minéral. Sans culture capable de l'absorber, une partie de cet azote risque d'être lessivée durant l'automne et l'hiver.
Les couverts végétaux jouent ici pleinement leur rôle de « pièges à nitrates ». En absorbant cet azote disponible, ils le maintiennent temporairement dans la biomasse et limitent les pertes vers les nappes. Les essais de longue durée conduits par Arvalis à Thibie ont même montré que les couverts pouvaient être plus efficaces que la seule réduction de la fertilisation pour diminuer les pertes de nitrates.
Des bénéfices agronomiques qui dépassent largement l'azote
Réduire les pertes d'azote n'est qu'un des services rendus par les couverts. Leur présence permet également de nourrir la vie biologique des sols, de restituer du carbone, de recycler des éléments nutritifs comme le phosphore et d'améliorer la résistance des parcelles face à l'érosion.
Les mélanges associant plusieurs familles d'espèces restent généralement les plus performants. Ils sécurisent la production de biomasse et permettent de cumuler plusieurs services agronomiques. Les crucifères se distinguent par leur forte aptitude à capter les nitrates du sol tandis que les légumineuses apportent un intérêt supplémentaire grâce à leur capacité à fixer l'azote atmosphérique.
Août sec : attention à ne pas tirer de conclusions trop hâtives
La période idéale d'implantation se situe généralement avant la mi-août afin de maximiser la durée de croissance du couvert et donc sa biomasse. Toutefois, les références acquises ces dernières années montrent que cette règle doit être nuancée dans un contexte climatique de plus en plus contrasté.
Face à des sols très secs et à des températures élevées, semer précocement n'est plus synonyme de réussite. En période de sécheresse comme cette année, attendre le retour significatif des pluies permettra d'obtenir une meilleure levée et donc davantage de biomasse qu'un semis réalisé dans des conditions défavorables.
De nombreuses espèces conservent une certaine souplesse de semis jusqu'à la fin août, voire au début de septembre pour certaines d'entre elles. Les graminées comme le seigle ou l'avoine, ainsi que la phacélie, disposent de créneaux d'implantation relativement larges. Les arrière-saisons désormais plus douces permettent également de conserver des légumineuses dans les mélanges semés début septembre de produire une biomasse intéressante.
Garder ses options ouvertes
Un début de mois d’août sec ne doit pas condamner les couverts végétaux. La décision doit être raisonnée en fonction des conditions météorologiques de fin août/début septembre, du type de sol, de la rotation et des objectifs recherchés.
Dans un contexte où les charges d’intrants augmentent, où la qualité des sols et leur fertilité deviennent stratégiques pour la rentabilité des exploitations, abandonner trop rapidement un couvert n’est pas toujours la meilleure solution. Plus qu'une obligation réglementaire ou environnementale, le couvert végétal demeure un investissement agronomique et économique, à condition que les précipitations soient au rendez-vous d’ici septembre.