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Lundi 05/10/2026

Cinq leviers pour un automne sans molluscicides

Publié par Perspectives Agricoles

Le risque limaces est faible cet automne, conséquence directe des conditions estivales défavorables à leur reproduction. Mais ce répit pourrait être de courte durée si l’humidité revient vite : elle favorise leur activité. Plusieurs leviers agronomiques permettent de maintenir la pression à un niveau réduit.

Le risque de présence de limaces dans les parcelles apparaît faible : la chaleur et la sécheresse de ces derniers mois sont clairement défavorables à leur développement. Mais la tendance peut encore s’inverser, en présence d’une nourriture abondante et de conditions humides. Il faut donc rester vigilant, d’autant plus que la limace grise (Deroceras reticulatum) et la limace noire (Arion hortensis), principales espèces rencontrées au champ, sont particulièrement prolifiques. L’adoption de mesures agronomiques préventives peut permettre de maintenir les populations à un niveau réduit et ainsi limiter le risque au semis et pendant la période sensible des cultures.

Travail du sol, gestion des résidus, qualité du semis, roulage, diversification des rotations et choix des couverts (tableau 1) : combinés, ces moyens d’action perturbent l’habitat des limaces, limitent leur capacité de reproduction et abaissent fortement les dégâts sans recourir aux molluscicides.

 

1- Perturber le milieu grâce au labour

Le travail du sol constitue  l’un des premiers leviers de maîtrise. Le labour présente une bonne efficacité : il enfouit les résidus, les repousses et les couverts végétaux, ce qui limite les ressources alimentaires disponibles.

Le labour contribue également à assécher la surface du sol et entraîne une partie des populations en profondeur. Réalisée avant le semis, l’opération ne leur permet pas de remonter et d’occasionner des dégâts sur les jeunes semis.

2- Intervenir tôt avec le déchaumage

Un déchaumage précoce, juste après la récolte, permet d’assécher et d’éliminer les œufs et les jeunes limaces qui se trouvent encore dans les premiers centimètres du sol.
Des interventions répétées, notamment par temps sec, perturbent également les refuges et éliminent les sources de nourriture potentielles (repousses, adventices…).

En systèmes de travail du sol simplifié, cela permet de maintenir une faible  population. Toutefois, lorsque d’importants volumes de pailles sont produits après récolte, les chaumes peuvent former un matelas humide susceptible de favoriser les limaces. Lorsque le risque est élevé, l’exportation de ces pailles est alors pertinente.

3- Soigner l’implantation de la culture

Les limaces s’attaquent aussi bien aux semences qu’aux jeunes feuilles. Ces stades s’avèrent d’ailleurs les plus sensibles pour les céréales à paille comme pour les oléagineux. 
Les limaces ne peuvent atteindre que les graines situées à proximité de la surface ou dans des anfractuosités du sol. Ainsi, une préparation fine du lit de semences (pour éliminer les mottes) et un bon recouvrement des graines sont efficaces pour se prémunir contre les dégâts.

4- Rouler lorsque les conditions s’y prêtent

Le roulage constitue un autre moyen de perturber l’habitat des limaces. En réduisant les mottes et les cavités superficielles, il diminue le nombre de refuges disponibles et limite leurs déplacements. Les limaces, quoique incapables de creuser le sol, se réfugient dans les fissures du sol ou sous les mottes pour chercher la fraicheur et l’humidité. 

Cette pratique présente un intérêt particulier en semis direct, où les possibilités de perturbation mécanique sont plus limitées qu’ailleurs : elle limite l’accès des limaces aux semences en refermant le sillon. Elle est également bien adaptée aux sols argileux et argilo-calcaires ou aux parcelles très motteuses. Le tassement du sol retardera les déplacements des limaces seulement pendant quelques jours, mais ce sera suffisant pour permettre à la culture de dépasser son stade le plus sensible. Le roulage est cependant déconseillé sur sols limoneux, vu les risques de battance.

5- Rester vigilant après les couverts végétaux

Les couverts végétaux constituent un environnement favorable aux limaces, en maintenant l’humidité à la surface du sol et en fournissant une ressource alimentaire continue. Le type de couverts joue également : la moutarde blanche, la phacélie, l’avoine rude et la vesce commune sont peu appétents, alors que le trèfle ou le seigle est appétent. Cette année, vu le faible développement de ces intercultures, le risque est limité mais une surveillance reste recommandée.