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Vendredi 09/01/2026

Encore moins de bovins pour 2026

La production va connaître une année 2026 très compliquée, avec une répercussion sur le long terme des épizooties de FCO et de MHE qui ont fait chuter la fertilité des animaux.

Conjoncture – Alors que la colère agricole gronde toujours sur fond de dermatose et de Mercosur, le paysage mondial du marché de la viande va être secoué par les nouvelles mesures de taxation de la Chine. En imposant des droits de douane de 55% au-delà des contingents accordés, les grands pays exportateurs vont battre des coudes pour maintenir leur niveau d’activité. L’Australie et le Brésil seront les plus impactés, même si ce dernier se trouve dans une phase de recapitalisation après une année record d’activité à l’export. Pour l’Australie, ce sera plus compliqué avec un risque de déflation tarifaire.

Du côté du vieux continent, le bras de fer entre la France et l’UE sur l’adoption du traité de Mercosur se poursuit, et revête un intérêt tout particulier au regard des mutations sur le marché mondial. La production européenne va connaître une année 2026 très compliquée, avec une répercussion sur le long terme des épizooties de FCO et de MHE qui ont fait chuter la fertilité des animaux. Tous les veaux qui n’ont pas été produits sont autant de broutards ou de femelles en production en moins. 2025 a confirmé l’érosion permanente du cheptel français et européen. Selon les données de l’Idèle, au 1er novembre la France avait perdu 154 000 vaches en un an (-144 000 en 2024). L’impact de la FCO a renforcé cette baisse notamment sur le grand ouest. Cette tendance baissière est également observée chez nos voisins européens, notamment en Irlande ou en Pologne.

La conséquence directe de cette décheptellisation va se retrouver inévitablement sur les disponibilités de marchandise auprès des industriels, des exportateurs de broutards ou des intégrateurs de veaux sur 2026. Si personne ne peut présager de l’évolution des prix, il est raisonnable de penser que 2026 ne verra pas la même amplitude inflationniste, au risque d’impacter très fortement une consommation en pleine mutation. Les habitudes alimentaires et l’accroissement des prix ont entraîné une baisse des ventes. Sur les 8 premiers mois de 2025, les ventes de bœuf (hors produits élaborés) ont chuté de 9,6%, le haché surgelé de 6,6%, alors que le haché frais a bien résisté à +0,5%. Ces chiffres démontrent clairement les changements en cours, même si la composition d’une vache reste immuable. De plus en plus de pièces passent au hachoir, avec des « équilibres matières » de plus en plus compliqués à maintenir pour les industriels. Les pièces nobles qui ont les tarifs les plus élevés souffrent (ce sont ces mêmes morceaux que les pays sud-américains se proposent de nous envoyer). La France a la chance de pouvoir influer sur la part d’animaux engraissés ou exportés, mais la concurrence va rester très forte avec nos voisins européens qui ne peuvent se passer de nos veaux ou de nos broutards. Il va être urgent de renforcer des alternatives de mise en production de veaux laitiers ou croisés (ce que font très bien les Espagnols et les Allemands). Le réservoir est chez nous, mais le prix restera au cœur des enjeux de 2026.

Le grand défi de l’année 2026 sera de retrouver de la sérénité pour un monde agricole chahuté de toute part : amoindrir les contraintes multiples et inutiles imposées à une profession qui nourrit la France. Souhaitons que cette nouvelle année soit sous le signe du renouvellement des générations dans les métiers de l’élevage, d’apaisement de la pression sanitaire, afin que toute la filière résiste aux défis qui vont se dresser.

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