[Le point des marchés] En Russie, une production moins record qu’annoncé - Pleinchamp

[Le point des marchés] En Russie, une production moins record qu’annoncé

Annoncées à des niveaux record au cours des derniers mois, les estimations de production de blé sont désormais en baisse chez les principaux pays exportateurs, et notamment en Russie. Le premier exportateur mondial souffre de la sécheresse et l’avancée des récoltes est scrutée de près par les opérateurs. Décryptage de la situation avec Angelika Melikian, analyste en charge de la Russie au sein du cabinet Agritel.

Avec ses 28 millions d'hectares de blé implantés dans des zones climatiques très diverses, la Russie donne du fil à retordre aux opérateurs du marché des grains. Les estimations de production de blé russe, annoncées à un niveau quasiment record il y a un mois, baissent depuis deux semaines, offrant un élément de soutien aux cours.

Après un automne assez sec, « l'état des cultures était très bon en entrée d'hiver », rappelle Angelika Melikian, analyste en charge de la Russie au sein du cabinet Agritel.

« L'hiver a été clément, sans neige, relate-t-elle. A la sortie de l'hiver, on a vu un très haut potentiel. Mais après le sec au printemps et les gels tardifs en avril, les analystes locaux ont commencé à baisser leurs estimations de production de blé ».

Dans le sud de la Russie, qui compte 50% de la production nationale, le retour des pluies a eu lieu trop tardivement pour corriger les dégâts du printemps. « Les rendements sont encore plus bas qu'attendus, à 3,3 t/ha contre 4t/ha en moyenne », indique Angelika Melikian.

Suite à un « crop tour virtuel » conduit auprès d'une trentaine d'opérateurs russes, le cabinet Agritel estime la production de blé russe à 77,5 millions de tonnes, un chiffre qu'il maintient depuis le 10 juin.

Mais deux éléments pourraient faire bouger les lignes : les blés du centre du pays, dont l'état est meilleur que ceux du Sud, permettront-ils de faire remonter la moyenne nationale ? Quant aux blés de printemps (40% des surfaces et environ 26% de la production), qui se trouvent notamment en Sibérie, « leur état est pour l'instant plutôt bon mais il fait sec en Sibérie, donc la situation est à surveiller », fait savoir Angelika Melikian.