La FNPL veut un prix du lait reflétant les marchés et des décisions fortes sur la PAC

Lors de son assemblée générale le 22 avril, la FNPL a demandé au ministre une loi Egalim2 plus contraignante, et un soutien accru de la polyculture-élevage au niveau de la PAC.

«Il faut une loi Egalim 2 qui va vers quelque chose de plus contraignant. Le prix payé au producteur doit reflèter la réalité économique du marché intérieur français et du marché à l’export», a lancé le président de la FNPL Thierry Roquefeuil, au ministre de l’Agriculture, lors de l’ assemblée générale qui s’est tenue en visio-conférence le 22 avril. Il  déplore que certains industriels soient encore « dans le vieux monde ». Un monde « où l’on donne ce qui reste aux producteurs une fois que l’on a payé ses charges. Plus de la moitié du lait français est encore dans ce schéma». Il a demandé aussi au ministre de supprimer la LME « qui permet aux distributeurs d’aller chercher des marges-arrières après les négociations de février ». Julien Denormandie le reconnaît : « c’est le problème de fond » car la LME est « une loi de déflation du prix organisée comme telle. (...)La question du pouvoir d’achat ne doit pas se régler d’une manière qui réduit la rémunération des agriculteurs , c’est une terrible erreur », a-t-il affirmé.

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Le projet de loi Egalim2 sera débattu à partir de juin. «Nous retrouvons dans le rapport Sapin beaucoup de nos demandes », a souligné Marie-Thérèse Bonneau, vice-présidente. Notamment la possibilité de sanctuariser le prix agricole, la création d’une chambre arbitrale pour aller plus loin dans la médiation, ou encore la désignation d’un tiers de confiance pour plus de transparence. Le ministre a reconnu que la médiation n’a actuellement « pas assez de pouvoir » et penche plutôt pour un « comité de règlement des conflits. » La FNPL attend beaucoup de l’évolution de la loi Egalim en qui elle voit l’une des réponses au renouvellement des générations : « si on peut avoir une perspective de revenu avec un métier qui contribue à la souveraineté alimentaire, on aura des bras !», a lancé Marie-Thérèse Bonneau.

PAC : Le ministre veut arrêter les transferts massifs d’aides

La future PAC a également été au cœur de cette AG. Les deux précédentes PAC ont fait perdre avec la convergence des aides beaucoup d’argent aux producteurs de lait des zones de plaine. Pour la FNPL, il faut rectifier le tir. « La polyculture élevage, avec des animaux sur des hectares,  permet d’avoir une filière laitière plebiscitée par nos co-citoyens, il faut la soutenir », a-t-il plaidé.  L’évolution des aides couplées vers une prime à l’UGB va dans le bon sens. Pour Julien Denormandie, cette prime à l’UGB est « une vraie réforme ». Il a reconnu la nécessité d’avoir « des niveaux d’UGB différents entre l’allaitant et le laitier », avec « la question du mixte à l’intérieur ». Derrière cette réforme, « il y a  une vision qui montre qu’on croît dans l’ élevage laitier français », affirme-t-il. Trouver le juste équilibre au niveau de la future PAC ne sera pas simple. « L’exemple de la filière laitière l’illustre bien:  un élevage laitier de montagne dans le Sud Est ou un élevage laitier de Bretagne n’auront pas du tout la même position sur la convergence des aides ». 

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Pour Julien Denormandie, « il faut arrêter les transferts massifs qui ont eu lieu lors des deux dernières Pac., c’est vrai choix politique ». Et il faut aussi accepter queque le principe de la PAC soit « d’accompagner les transitions» du monde agricole. Notamment avec les Ecorégimes, « un système qui consiste à dire je vous prends 25% de votre rémunération et je ne vous la rends que si vous faites de meilleures pratiques environnementales ». La question qu’il va falloir trancher est « quels efforts on demande » et « comment on fait pour que ces transitions soient accessibles».

 

Info FNPL

Un conseil d’administration électif de la FNPL se tiendra en présentiel fin juin. Thierry Roquefeuil sera candidat à sa propre succession. Le départ de Marie-Thérèse Bonneau , qui cesse son activité de production laitière, est déjà acté. Elle reste présidente de l'association France Carbon Agri.