La génétique, alliée des prairies face au changement climatique

Des chercheurs de l’Inrae et de l’Ecole pratique des hautes études ont recensé 374 gènes potentiellement impliqués dans l’adaptation du ray-grass anglais au changement climatique. Ils seront à la source de nouvelles variétés.

Depuis plus de 40 ans, les centres de ressources génétiques des instituts de recherche agronomique européens conservent plusieurs milliers d’échantillons de graines d’espèces fourragères et documentent précisément leur origine. Dans le cadre du programme européen GrassLandscape et sur une espèce en particulier qu’est le ray-grass anglais, des chercheurs de plusieurs pays (Allemagne, Belgique, France, Royaume-Uni) ont exploré les facultés d’adaptation de l’espèce.

Les scientifiques ont analysé l’ADN de 469 échantillons de ray-grass anglais provenant de toutes les régions d’Europe. Ils ont ainsi identifié 633 portions d’ADN liées à l’adaptation au stress des hivers froids ou des longues sécheresses estivales, dont 374 ont pu être associées à un gène connu.

Nouvelles variétés adaptées

Les résultats obtenus ont permis de distinguer des régions de l’Europe (moitié sud de la France, Espagne, Italie) où la présence du ray-grass anglais dans les prairies naturelles est probablement menacée par le changement climatique, car la diversité génétique existant dans ces régions est peu adaptée au climat à venir.

L’identification de gènes adaptés aux futures conditions climatiques ouvre la voie à la création de nouvelles variétés de ray-grass anglais. Elles pourront être utilisées pour le semis de prairies temporaires adaptées aux futurs climats régionaux de l’Europe. Selon les chercheurs, l’introduction de prairies temporaires dans les rotations est l’un des leviers agroécologiques les plus efficaces pour la fourniture de multiples services écosystémiques, et en particulier le stockage de carbone dans les sols.