La pluie a favorisé le risque d’incendie

Après la pluie, vient le beau temps. Cependant, avec la hausse des températures et le rayonnement solaire, la végétalisation représente désormais un risque accru de départ de feu pour les agriculteurs. Quelques précautions peuvent contribuer à éviter des situations critiques.

Actuellement, 56 départements ont basculé en vigilance orange canicule. Deux communes dans le Var sont déjà en alerte sécheresse. La chaleur risque de précipiter les départs d’incendies et l’été 2024 s’annonce bien sec. Rappelons qu’en 2023, les incendies ont détruit près de 400 millions d’hectares et tué plus de 250 personnes.

La pousse de prairies favorise les incendies 

Cette année, le printemps a été particulièrement humide, avec une augmentation des précipitations de 34 % par rapport aux normales de ces 30 dernières années. C’est le 4e printemps le plus pluvieux depuis les premières mesures prises en 1959. Par rapport à 2023, les précipitations ont augmenté de 80 %. Le soleil n’a pas non plus été au rendez-vous pendant cette période, avec un déficit d’ensoleillement de 20 %. Ces phénomènes sont en partie dus au réchauffement climatique. Par conséquent, les aléas de cette année ne seront probablement pas des cas isolés.

Si cette accumulation d’eau n’a pas favorisé le développement des semis, elle a au contraire largement participé à la pousse des prairies qui ont atteint un record cette année. Au 20 juillet 2024, la production cumulée des prairies permanentes a dépassé de 29 % celle de référence calculée sur la période 1989-2018. Mais cette hausse de végétalisation est une bombe à retardement : en séchant, elle risque de se transformer en combustible potentiel.

Quelques mesures préventives

Certaines actions peuvent être mises en place pour éviter tout risque. 

  • Vérifiez les installations électriques qui peuvent surchauffer. Elles doivent être protégées de la chaleur et de la poussière.
  • Assurez-vous que les tracteurs sont équipés d’un extincteur.
  • Prévoyez aussi des extincteurs dans vos bâtiments et des détecteurs de fumée.
  • Soufflez au maximum les moissonneuses-batteuses pour éviter d’accumuler de la poussière.
  • Pour rappel, il est strictement interdit de stocker des engrais dans le même lieu que des phytosanitaires.
  • Maintenez une distance de sécurité avec la surface d’un pot d’échappement ou d’un moteur d’engins de manutention avec un stockage à fort potentiel calorifique (foin, luzerne…).
  • Procédez à la coupe des végétaux le matin ou en fin de journée.

Sachez aussi que vos voisins ont également des obligations, stipulées dans le décret no 2024-405 du 29 avril 2024 visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque incendie, qui instaure une obligation d'information pour le vendeur ou le bailleur d'un bien immobilier concerné par une zone assujettie à des obligations légales de débroussaillement. *

Attention au foin récolté trop humide

Avec la pluie, une partie du foin récolté peut être encore humide. Une densité élevée de fourrage dans la balle aggrave les risques d’échauffement. L’air et l’eau ne circulent plus, favorisant le développement de micro-organismes, ce qui fait monter la température. Plus les balles sont de grandes dimensions et superposées les unes sur les autres, plus le risque s’accroît.

Arvalis

Comme le précise Arvalis : "En cas de suspicion d’une teneur en MS insuffisante, il sera préférable de réaliser des balles de petite dimension et de desserrer au maximum la pression exercée sur le fourrage (cas des presses à chambre variable). Ce levier n’est que partiel mais il diminue le risque d’échauffement. Après pressage, la température des balles sera suivie durant plusieurs semaines. Si le fourrage paraît trop humide, il sera préférable de recourir à l’enrubannage".