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Vendredi 13/02/2026

La revalorisation des laitières est-elle le nid d’un renforcement des importations UE ?

La hausse des prix français et la baisse en Allemagne ou en Irlande risquent de renforcer la concurrence européenne.

Conjoncture – Dans deux semaines, le salon de l’agriculture sera une nouvelle fois un moment important pour les agriculteurs, avec une grande couverture médiatique. L’absence des bovins sur cette grande ferme parisienne sera remarquée et largement commentée. Chacun se rappelle les virales (DNC et FCO) qui ont été dévastatrices par endroits avec des conséquences lourdes sur les échanges commerciaux ou sur la fertilité transitoire des cheptels. Les éleveurs des zones touchées par la DNC en ont payé le prix fort avec de longues semaines (parfois des mois) à garder leurs animaux dans les exploitations.

Le salon de l’agriculture est une vitrine de la richesse et du savoir-faire des éleveurs, mais également de toutes les branches du milieu agricole. Il va encore attirer de nombreux visiteurs, souvent néophytes et urbains qui vont le temps du salon se reconnecter à leurs racines. Les enfants seront aux premières loges pour admirer les animaux (sauf les vaches), quant aux parents, ils seront plus attirés par la diversité culinaire de nos régions.

Les politiques feront leurs petites visites, et les syndicats maintiendront la pression sur les sujets chauds du moment : échanges internationaux, libération commerciale des zones DNC et installation des jeunes générations.

Tout ceci sera rondement mené.

Mais dans ce monde en ébullition permanente, le sujet de l’envolée des prix de la viande bovine reste une préoccupation pour de nombreux acteurs de la filière. Les éleveurs sont heureux d’avoir enfin des tarifs rémunérateurs, mais l’emballement des prix qui se poursuit ne sera pas sans conséquence. Les premières victimes de cette flambée sont les bouchers, qui après avoir rogné sur leurs marges et augmenté les prix sur les étals, se retrouvent parfois en difficulté financière et en manque de fonds de roulement. « Nous ne pouvons pas changer nos prix toutes les semaines, quand les prix sont, quant à eux, en constante augmentation depuis plus d’un an », se confie un professionnel.

Cette flambée des prix française, est-elle une nouvelle porte ouverte aux importations UE, sur un marché de la réforme laitière qui risque de subir le contrecoup de la crise des laits infantiles qui secoue l’industrie laitière ? Les prix allemands sont à la baisse quand ceux de la France continuent de progresser. Aujourd’hui, près de 25 % des viandes consommées en France proviennent de nos voisins européens face à une décroissance persistante du cheptel. Quand sera-t-il demain ?

La menace des viandes sud-américaine est également présente, malgré le rejet du parlement européen.

Pour être compétitif, il faudrait pouvoir gommer les écarts de coûts de production, le plus souvent incrémentés d’une accumulation de normes et de charges administratives promulguées par la Commission européenne. Certaines instances scientifiques prennent le problème dans l’autre sens, en prônant une réduction de la consommation de viande rouge, pour sauver la planète. Les éleveurs apprécieront !

De toute façon, au rythme où les tarifs s’envolent, le prix sera dissuasif pour une frange importante de français à bas revenu.

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