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Samedi 21/02/2026
Le géant du cacao invité d’honneur : le salon de l’agriculture amplifie sa dimension internationale
Pour la deuxième année consécutive, le salon international de l'agriculture met un pays à l'honneur. Après le Maroc en 2025, c'est au tour de la Côte-d'Ivoire, géant agricole de l'Afrique de l'Ouest, de partager la vedette lors de cette édition 2026.
En 2026, le salon international de l’agriculture (SIA) met clairement l’accent sur le « I » d’International : 30 pays sont réunis dans le pavillon 7, avec 12 pavillons institutionnels, pour favoriser les échanges, valoriser les savoir‑faire et ouvrir des ponts durables entre les agricultures du monde. Pour les visiteurs, c’est une occasion unique de déguster des spécialités diverses et variées, de l’Algérie à la Chine, en passant par l’Italie, le Maroc, la Mongolie, le Nigéria, le Rwanda, le Soudan ou encore la Suisse. Pour les professionnels, l’objectif est de faciliter les échanges, les partenariats et les coopérations internationales.
La Côte d'Ivoire, un géant agricole à l'honneur
Poursuivant l'initiative lancée avec le Maroc en 2025, le SIA accueille cette année la Côte d'Ivoire comme pays invité d'honneur. Ce choix met en lumière une puissance agricole majeure : premier producteur mondial de cacao, de noix de cajou et de noix de cola, la Côte d'Ivoire domine également le marché africain de la banane dessert et du caoutchouc naturel.
A l'inauguration du SIA samedi 21 février, pas moins de quatre ministres ivoiriens étaient présents aux côtés d'Emmanuel Macron, qui s'est dit « fier » d’avoir la Côte d’Ivoire, « une grande agriculture du continent africain », comme pays à l’honneur.
Dans un contexte de flambée des prix du cacao ces dernières années, la Côte d'Ivoire s’est distinguée comme le pays affichant la plus forte progression en valeur des exportations vers l'Union européenne entre janvier et octobre 2025 : +2,3 milliards d'euros, représentant une hausse de 43% par rapport à 2024.
Les relations commerciales entre la France et la Côte d’Ivoire sont importantes : après l’Afrique du Sud, la Côte d’Ivoire est le deuxième client de la France en Afrique subsaharienne. Et la France est le premier fournisseur agricole et agroalimentaire de la Côte d’Ivoire, le blé représentant 80% des importations ivoiriennes de céréales en provenance de France.
La balance commerciale agroalimentaire de la Côte d’Ivoire est largement excédentaire : en 2024, la Côte d’Ivoire a exporté pour 8,9 milliards d’euros de produits agricoles et agroalimentaires, en hausse de 16% alors qu’elle en a importé 3,3 Md € la même année. En parallèle, les importations françaises ont fortement augmenté de 366 millions d’euros en 2024 (+37 %) atteignant 1,36 Md€, principalement en raison de la hausse du cours du cacao.
Vers un cacao plus responsable
Fort de son statut de leader mondial du cacao, avec plus de deux millions de tonnes de fèves produites chaque année et environ un million de petits exploitants, le pays s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche de lutte contre la déforestation et le travail des enfants.
Parmi les produits importés, le cacao est en effet pointé du doigt pour ses impacts écologiques et humains. Le conseil ivoirien du Café-Cacao – organe public de régulation de la filière en Côte d’Ivoire – met ainsi en œuvre depuis cinq ans des actions visant à produire du cacao plus durable.
Cette initiative s'articule autour de trois axes majeurs : la mise en place d'un système national de traçabilité, l'application de la norme ARS 1000 (standard africain pour un cacao durable) et le développement de l'agroforesterie. L'objectif est de garantir un cacao respectueux des normes sociales, environnementales et économiques, répondant ainsi aux attentes croissantes des consommateurs et des marchés internationaux.
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