Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Jeudi 30/04/2026

Conjoncture viande bovine : le marché européen donne le tempo de la baisse en France

Publié par Acti Ouest

Alors qu’en pleine période d’euphorie personne se savait où les prix s’arrêteraient de monter, aujourd’hui chacun se pose la question du niveau d’atterrissage des prix.

Conjoncture – Il y a un an, on se posait la question « où va le prix du bœuf ? », dans un contexte de flambée des prix au niveau européen. En un an et quelques mois, les prix ont progressé de 54% pour les laitières et de 71% pour les Charolaises. Pour les éleveurs, tout allait bien dans le meilleur des mondes avec des niveaux de prix qui compensaient des années de disette. Sauf que l’inflation des prix sur les étals des magasins a progressivement impacté la consommation, au point que le déficit de marchandise il y a un an s’est transformé en excédent. Cette situation ne vient pas de la production qui continue de se rétracter, mais à un rythme plus contenu avec une baisse de 1% (2,5% en mars 2025). Face à la flambée des prix, nos voisins européens ont commencé à voir un tassement de leurs cotations dès la fin de l’année alors qu’ils ont continué de progresser en France. Le repli de nos exportations (-7% en janvier et -14% en février) et de la consommation ont fait progresser de 2% le disponible consommable sur les premiers mois de l’année. Les abatteurs qui avaient manqué de marchandise toute l’année 2025 ont vu leur stock progressivement se rétablir. Les importations sont globalement restées stables depuis les Pays-Bas, notre principal fournisseur, mais avec moins de viande irlandaise (-7%) et plus d’Allemande (+16%) à la faveur de tarifs compétitifs.

En mars, la reprise de l’inflation du fait de la guerre au Moyen-Orient est le couperet que tout le monde de l’élevage craignait. La consommation a chuté et les stocks dans les abattoirs ont bondi malgré une offre saisonnière faible. La réaction des industriels a été de faire baisser les prix à la production pour qu’ils reviennent dans la moyenne européenne. La chute est violente, car en quelques semaines, les réformes laitières et les jeunes bovins ont perdu autour de 0,40€/kg de carcasse et 0,30€ les Charolaises.

C’est un vrai coup dur pour le monde de l’élevage. Ces baisses de prix interviennent alors que les charges flambent (carburant, engrais…), et que les cotisations MSA tombent sur une très bonne année 2025.

Car dans la foulée du recul des prix de la viande, c’est le prix des broutards qui se sont effondrés depuis deux semaines. Les baisses sont violentes (-200 à -300€) par animal et ce n’est malheureusement pas fini, avec des engraisseurs (français, italiens ou espagnols) qui se sont mis en pause pour ajuster leurs prix d’achat à celui de la viande. Pour les productions en cours, les pertes vont être colossales dans les mois à venir, notamment pour la grande majorité des animaux hors contrat. Pour ceux qui sont contractualisés sur les coûts de production, ce sera plus supportable, à charge des entreprises de vendre la viande à perte.

Si cela ne suffisait pas à assombrir le paysage, la météo séchante de ces dernières semaines est inquiétante, avec des prairies qui souffrent et des maïs qui peinent à sortir de terre. La pluie ferait un bien fou, mais les quelques millimètres annoncés en cette fin de semaine seront un peu courts.

Bovins de boucherie – L’ambiance est morose, face à la très forte pression imposée par des abatteurs qui ont la volonté de faire revenir les prix Français a des niveaux plus en accord avec nos voisins européens .

Les longs week-ends devraient faire ressortir les barbecues favorables pour les ventes de viande à griller, mais les pièces à bouillir sont moins demandées et vont retourner au hachoir.

L’activité commerciale est très tendue malgré la faiblesse de l’offre, et on assiste à un affaissement sévère des grilles de prix dans les animaux d’entrée de gamme. Les conditions climatiques remettent sur le marché de la viande des animaux initialement destinés aux herbages. La modestie de l’offre permet de tenir les prix dans les bonnes femelles Blondes d’Aquitaine, Parthenaises, ou Limousines. La pression est plus sensible dans les Charolaises de qualité bouchère, qui sont tirées vers le bas, par dégradation des prix de l’ensemble des femelles allaitantes R et O de conformation.

Réformes laitières – La tendance reste baissière dans les mêmes proportions que la semaine dernière dans les vaches Prim’holsteins. Normandes et Montbéliardes, toutes gammes confondues. Les taureaux de réformes suivent cette tendance.

Jeunes bovins – L’animation commerciale est tendue avec des abatteurs qui ont des reports d’achats dans les campagnes. La situation reste compliquée à l’export face à un marché toujours déstabilisé par la guerre en Iran et du report des ventes de l’Espagne et de la Pologne sur le marché européen à des tarifs très agressifs.

Bovins d’embouche et d’élevage – La demande se rétracte avec des tarifs qui font de même, quelle que soit la gamme de marchandise.

Broutards – Malgré des sorties saisonnières mesurée, la déflagration observée sur les marchés est violente. La dégradation du prix de la viande et des pertes que cela va générer, engendrent presque une mise à l’arrêt des mises en place, le temps que les tarifs reviennent en adéquation avec le marché. La France qui avait pris le relais de l’export n’est plus le moteur du commerce. Les moins-values sont sévères, avec des niveaux de prix qui ont reculé de 200 à 300€/ en quinze jours dans les mâles.

Veaux d’engraissement et d’élevage – Les volumes restent au plus bas et demeurent insuffisants pour satisfaire la demande. Le commerce est fluide, pour des tarifs qui se maintiennent à des niveaux très confortables dans l’ensemble des veaux laitiers, croisés, taupes, gris ou croisés convenables. Les veaux viandés restent recherchés et très bien valorisés. La vente est fluide dans les bons croisés blanc bleu ou jaunes lourds.

Cliquer ici pour retrouver tous vos cours sur le bétail vif