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Vendredi 10/07/2026

« Le moral des éleveurs est touché ». La conjoncture bovine vue par Acti-Ouest

Publié par Acti Ouest

L’accumulation des canicules, de la sécheresse et des chutes prix, touche sérieusement le moral des éleveurs.

Conjoncture – Après une fin 2025 et un début 2026 où les tarifs étaient très rémunérateurs, l'élevage s'enfonce dans une nouvelle déprime, même si les prix sont seulement revenus au niveau de l'an dernier. La dégradation des prix est une chose, mais ce qui préoccupe le plus les éleveurs en ce début d'été, ce sont les canicules à répétition, qui mettent à mal la santé des animaux et le rendement des cultures. Le dôme de chaleur qui s'est une nouvelle fois abattu sur l'Europe entraîne de nombreux pays dans la même situation (notamment dans le Sud). Les bovins souffrent avec des conséquences immédiates sur la production laitière et la croissance des bovins viande, mais le moyen terme sera à surveiller de près, avec des problèmes physiologiques et de fécondité.

Le bien-être animal est une priorité, mais ce qui devrait être également mis en avant, c'est le bien-être humain, avec des éleveurs sur tous les fronts en pleine période de moissons. Le moral est atteint, notamment dans les exploitations les plus fragiles. Les autres, qui ont mis de côté sur la période faste, font le dos rond en attendant des jours meilleurs. Mais en tout état de cause, l'été et la rentrée seront très compliqués.

Les industriels ne sont pas dans une meilleure situation, avec des ventes qui se sont fortement rétractées en début d'année pour s'effondrer ces dernières semaines. Les remontées Interbev font état de cette baisse d'activité avec seulement 48 000 animaux travaillés en semaine 27. C'est la plus basse de l'année (sans fériés). Les semaines suivantes ne devraient pas faire beaucoup mieux. Cette baisse de charge des entreprises est préjudiciable, mais ce qui est encore plus préoccupant, ce sont les stocks en cours qui ont coûté cher et qui se retrouvent dévalués à la vente. Les pertes sont conséquentes pour les industriels, qui même en réduisant leur activité, peinent à écouler la marchandise vers des magasins qui vendent très peu en période caniculaire.

Chacun observe les prévisions météorologiques, pour voir si la fin de cet épisode de forte chaleur va s'estomper avant le lancement de la saison estivale autour du 14 juillet. Un recul des températures est annoncé à partir de la mi-juillet, mais pas de pluie (sauf quelques orages éventuels).

Dans ce climat morose, les viandes européennes continuent d'affluer sur notre marché, notamment vers la restauration. Le marché italien reste très perméable aux viandes brésiliennes avec un effet domino sur le commerce du jeune bovin. Cette gamme de marchandise est le premier facteur responsable de la dégradation des prix en France. La solution ne peut venir que par une reconquête des marchés du Moyen-Orient, avec la détente géopolitique en Iran, sauf que le Mercosur est également sur les rangs.

Les Français restent très largement attachés à l'agriculture et à l'élevage, mais seront-ils attentifs à la disparition des vaches dans les campagnes ? Ils préfèrent de la viande française dans leur assiette, mais ils ne se posent plus la question une fois qu'ils sont devant leurs assiettes dans un restaurant.

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