[Le point des marchés] Chine, Russie, pandémie : les faits marquants du marché des grains en 2020

L'année 2020 a vu les prix des matières premières agricoles faire le yo-yo. Depuis l'effondrement des cours au mois de mars jusqu'aux niveaux les plus hauts observés ces dernières semaines, Michel Portier, directeur d'Agritel, dresse le bilan de l'évolution du marché des grains cette année, ainsi que les tendances pour les mois à venir.

[Le point des marchés] Chine, Russie, pandémie : les faits marquants du marché des grains en 2020

L’année 2020 aura été marquée par une très forte volatilité sur l’ensemble des marchés des matières premières agricoles. Selon Michel Portier, directeur d’Agritel, l’année peut être décrite en trois phases : “une première, de janvier à mi-mars, où les cours de l’ensemble des céréales se sont effrités en conséquence de la crise sanitaire'', explique-t-il. Puis, à partir du mois de mars, les cours sont remontés légèrement, avant de redescendre comme habituellement sous la “pression récolte”.

“Mais c’était sans compter sur le bassin Mer Noire, poursuit Michel Portier. Malgré une récolte record de blé en Russie (estimée à plus de 85 millions de tonnes), les cours russes et mondiaux se sont envolés. Principale raison de ce phénomène : l’effondrement du rouble face au dollar, conséquence de la chute du pétrole. Les agriculteurs russes ont fait de la rétention, asséchant ainsi un peu le marché et permettant aux cours de remonter”. 

A ce jour, les prix du blé sont sur des niveaux les plus hauts de l’année. La Russie n’est pas la seule raison de cette hausse : c’est la Chine qui a été la grande surprise de 2020. “Au mois de mars, on s’attendait à ce que la Chine importe environ 7 millions de tonnes de maïs, analyse Michel Portier. Aujourd’hui, on est sur des niveaux d’importation de 25 à 30 millions de tonnes !”. Le pays reconstitue ses stocks et son cheptel porcin. 

Au regard de ce contexte international, que peut-on prédire pour les prochains mois ? “On constate de nouveau un intérêt de la part des investisseurs sur le secteur des commodities agricoles, indique Michel Portier. Après 4 ou 5 ans où les cours se sont effrités sur l’ensemble des matières premières agricoles, on peut espérer que les prochaines années seront bien plus fastes”.