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Mercredi 03/06/2026
Le suivi sanitaire de la faune sauvage en Creuse, une surveillance pertinente
Faune sauvage creusoise : Les animaux sauvages étant potentiellement réservoirs de maladies pour les animaux domestiques et l’Homme, un suivi régulier a été mis en place il y a 30 ans, en complément des dispositifs réglementaires. La situation est satisfaisante en Creuse même si le portage de brucellose porcine par les sangliers et la présence de foyers de maladie d’Aujeszky nécessitent une vigilance particulière de la part des éleveurs de porcs plein air.
Le groupe de travail creusois Fédération Des Chasseurs (FDC), GDS, service vétérinaire de la DDETSPP, Direction Départementale des Territoires (DDT), Office Français de la Biodiversité (OFB) et le Conseil départemental via son Laboratoire Départemental d’Analyses (LDA), s’est réuni le 22 mai pour faire le bilan de la campagne de surveillance 2025/2026. Les participants tiennent à remercier le réseau de chasseurs assurant la collecte de matériel biologique sur des animaux prélevés à la chasse. La collecte de sérums, le suivi triennal (parasitose sur les cervidés, BVD sur les chevreuils, tuberculose sur les sangliers), l’actualité sanitaire (Aujeszky sur les sangliers et FCO sur les cerfs) et les obligations règlementaires (trichine sur sangliers) ont axé les recherches. Pour la trichine, de nouveau, les 64 résultats sont négatifs (financement DDETSPP).
La sérothèque départementale, un outil pour la recherche
Depuis des années, les prélèvements sanguins acheminés au laboratoire d’Ajain sont stockés afin de permettre une reprise ultérieure si des recherches sur une pathologie venaient à être décidées. Cette collection s’est enrichie cette année de 30 sérums de chevreuil, 28 de cerf et 36 de sanglier, pour un total de plus de 1.700 échantillons conservés. Une étude est d’ailleurs en cours sur « l’encéphalite à tiques », par analyse rétrospective des prélèvements de cervidés et cofinancée par la FDC et GDS Creuse.
Un suivi élargi sur les cervidés
La surveillance concernait cette année le parasitisme des cerfs (54) et des chevreuils (116). La tendance se confirme avec une contamination progressive de la faune sauvage par des parasites des ruminants domestiques. Concernant la BVD, 1 chevreuil (sur 123 analysés) a été retrouvé sérologiquement positif. Cela confirme le faible rôle joué par cette espèce dans la circulation de cette maladie. Après les vagues de FCO, nous souhaitions mesurer l’impact sur les cerfs. Sur 52 animaux analysés, 40 % étaient sérologiquement positifs. Cette espèce peut donc être contaminée par le virus sans que l’on observe de surmortalité.
Une surveillance de la maladie d’Aujeszky sur les sangliers…
En raison de cas récurrents de maladie d’Aujeszky dans des départements limitrophes en élevage de sangliers et de cas de maladies mortelles chez des chiens de chasse, un suivi est effectué pour cette maladie depuis 6 campagnes. Pour la première fois cette année, 5 prélèvements sur 150 analysés se sont avérés positifs, dans le secteur de Boussac (financés par la DDETSPP). Par ailleurs, un chien de chasse mort après des symptômes évocateurs suite à une battue sur la zone s’est révélé atteint par le virus. Couplé au risque brucellose porcine, endémique sur notre territoire, cela vient rappeler la nécessaire mise en place de mesures de biosécurité pour les détenteurs de suidés, et plus largement pour les chasseurs.
… et de la tuberculose
En raison de la situation particulière de la tuberculose dans notre région et de la sensibilité du cheptel creusois en élevage plein air majoritairement, le choix a été fait de mettre en place une surveillance spécifique dans le cadre du suivi triennal. Sur la campagne 2025/2026, des prélèvements ont été effectués sur 103 sangliers, tous les résultats se sont avérés négatifs (financement GDS Creuse).
SAGIR, le réseau d’alerte sanitaire
Le suivi sanitaire mis en place en Creuse vient en complément de dispositifs nationaux. SAGIR est un réseau de surveillance épidémiologique des oiseaux et des mammifères sauvages terrestres en France. Il est fondé sur un partenariat FDC, laboratoires vétérinaires départementaux et OFB. Ses objectifs sont de :
- détecter précocement l’apparition de maladies nouvelles pour la faune sauvage,
- détecter les agents pathogènes transmissibles à l’Homme et/ou partagés par la faune sauvage et les animaux domestiques,
- surveiller les effets aigus non-intentionnels de l’utilisation agricole des produits phytopharmaceutiques,
- caractériser dans le temps et dans l’espace les maladies des oiseaux et des mammifères sauvages.
Les autopsies ont concerné cervidés, sangliers, mais également petit gibier et espèces protégées. L’année a été marquée par la découverte de nombreux oiseaux infectés par l’IAHP, tout particulièrement des grues cendrées à l’automne lors de la migration.
Un suivi tuberculose de la faune sauvage avec les réseaux SAGIR et SYLVATUB
La situation épidémiologique de la tuberculose bovine en France montre une très faible prévalence en élevage (0,1 %) mais avec une proportion importante des cas en Nouvelle- Aquitaine (plus de 60 % des foyers nationaux). Dans les zones où la maladie est implantée, des animaux sauvages risquent de se retrouver infectés. Pour identifier le plus précocement possible une infection de la faune sauvage, un réseau de surveillance (Sylvatub) est mis en place. Le niveau départemental est fonction du risque vis à vis de cette maladie. Le niveau 3 est appliqué dans les départements où elle présente une prévalence relativement élevée et où il est nécessaire de caractériser davantage la circulation de la maladie dans la faune sauvage. Le niveau 2 est appliqué selon les éléments suivants : mise en évidence récente de cas de tuberculose bovine dans la faune sauvage, détection de foyers bovins de façon régulière ou avec une augmentation d’incidence ou proximité de zones classées en niveau 3. Le niveau 1 est attribué aux autres départements dont la Creuse.
Le suivi sanitaire de la faune sauvage, un outil utile pour tous
En complément de SAGIR et SYLVATUB, la surveillance sanitaire de la faune sauvage, en place en Creuse depuis 1996, permet le recueil de données au regard du statut du gibier en matière de zoonoses et de maladies communes aux espèces sauvages et domestiques. Il représente un outil d’alerte éventuelle pour les gestionnaires de la faune sauvage et de la santé humaine et animale, d’où sa poursuite en 2026/2027 avec son adaptation en fonction des besoins (trichine, suivi renforcé Aujeszky et tuberculose sur les blaireaux). N’hésitez pas à nous contacter pour tout commentaire, suggestion ou demande.
Dr. B. BOUBET (GDS) - Dr. B. LABAR (FDC) - Dr. ML. JEANDAUX (DDETSPP)
Dr. E. GUILLEMOT (LDA) - F. AURICHE (DDT)