- Accueil
- Milpa : passer en agriculture bio-régénératrice avec une garantie de revenu de 370€/ha
Mercredi 18/03/2026
Milpa : passer en agriculture bio-régénératrice avec une garantie de revenu de 370€/ha
Crée par des agriculteurs en Centre-Val de Loire, l’entreprise Milpa permet d’accompagner les fermes vers une agriculture bio-régénératrice en garantissant aux exploitants un revenu pendant 5 ans. Un modèle qui répond à la fois aux difficultés d’installation, à la baisse des aides bio et, de façon plus générale, aux risques pris par les agriculteurs souhaitant changer leurs pratiques.
Milpa est une jeune pousse qui a trois ans d’existence, mais dont le concept repose sur une dizaine d’années d’expérience. L’entreprise est née de l’idée d’Augustin de la Grandière, agriculteur dans la Vienne, passé à l’agriculture biologique il y a 10 ans, entraînant dans son sillage plusieurs fermes autour de lui. Il commence à expérimenter le concept de garantie de revenu chez ses voisins, et reçoit petit à petit de plus en plus de demandes. Aujourd’hui, Milpa accompagne une cinquantaine de fermes, sur environ 6000 hectares, de Toulouse à Lille.
« Nous accompagnons les agriculteurs dans le maintien ou la conversion à l’agriculture biologique, avec une spécificité : l’agriculture bio-régénératrice, explique Jean-Jacques de Rouffignac, chargé de développement chez Milpa. Et nous sécurisons le risque financier avec la garantie de revenu ».
Concrètement, Milpa s’engage à assurer une marge opérationnelle moyenne de 370 €/ha pendant 5 ans, en épaulant l’exploitation au quotidien : stratégie, organisation, technique, commercialisation… L’entreprise se rémunère sur la marge au-dessus des 370 €/ha. En cas de revenu plus faible, Milpa couvre la différence.
Sécuriser la prise de risque
De nombreux clients de Milpa sont des agriculteurs souhaitant passer à l’agriculture biologique. « Nous sommes particulièrement sollicités dans les régions qui ont plafonné l’aide à la conversion bio, poursuit Jean-Jacques de Rouffignac. Mais il y a aussi des agriculteurs bio qui font appel à nous pour aller vers un modèle bio-régénératif ».
Sur chaque ferme, Milpa met en œuvre des pratiques agroécologiques éprouvées visant à enrichir les sols et recréer de la matière organique : couverts permanents, semis direct, diversité végétale, associations culturales, réduction du travail du sol, etc. « Tous nos choix sont pensés de façon à avoir le moins de travail possible, le moins de frais possible et la meilleure résilience par rapport au climat, aux maladies et aux parasites », précise Jean-Jacques de Rouffignac.
Acquérir de la technicité
Certains agriculteurs font appel à Milpa alors même que leur marge actuelle est supérieure à celle proposée par l’entreprise, dans une volonté d’acquisition de technicité. « Cela leur permet d’être en quelque sorte en « apprentissage » pendant 5 ans pour déployer ensuite de nouvelles pratiques et avoir des gains de productivité à long terme, analyse-t-il. Nous sommes vraiment dans une logique visant à dérisquer l’évolution des pratiques ».
Un autre profil d’agriculteurs accompagnés par Milpa est celui des double-actifs, disposant de moins de temps, et que l’entreprise peut accompagner sur toute la gestion de leur ferme, de la déclaration PAC à la gestion des ETA, en passant par le suivi des approvisionnements et la commercialisation. « On les décharge de la charge mentale de leur ferme ».
Sécuriser l'installation
L’entreprise vient également de déployer une offre « Installation », qui permet aux nouveaux exploitants de s’installer en agriculture bio-régénératrice tout en étant accompagnés techniquement et avec une garantie de revenu, en se positionnant comme associée minoritaire sur leur exploitation. « Plusieurs dispositifs existent aujourd’hui pour permettre aux porteurs de projets agricoles d’accéder à du foncier. Mais une fois installés, les non-issus du milieu agricole qui s’installent en bio peuvent se retrouver en difficulté pour trouver du financement », constate Augustin de la Grandière.
Aujourd’hui, Milpa est constituée d’une équipe de 12 personnes, principalement agriculteurs ou issus du milieu agricole. L’entreprise est en croissance, et prévoit de doubler le nombre de fermes accompagnées d’ici l’année prochaine.
