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Mardi 05/05/2026
Mouvements/rassemblements d’animaux : des arrêtés préfectoraux à venir
Facteurs majeurs de dissémination des maladies, les mouvements et rassemblements d’animaux vont faire l’objet d’une réglementation préfectorale.
Passagers clandestins des flux de marchandises, d’animaux et de personnes, virus et bactéries ont un autre allié de poids, le réchauffement climatique. FCO, MHE, DNC(1) (avec la réapparition récente de foyers en Sardaigne)... des maladies jusqu’alors inconnues sur le sol européen qui ont profité de ces conditions idéales pour s’y étendre. D’autres sont déjà aux frontières hexagonales : peste porcine africaine, clavelé ovine, variole caprine, peste des petits ruminants mais aussi la redoutée fièvre aphteuse (avec de récents foyers à Chypre et sur une île grecque). Les éleveurs français doivent-ils dès lors se résoudre à subir impuissants les assauts de ces épizooties ? La bataille de la maîtrise sanitaire est-elle perdue d’avance ?
Malgré ces menaces pressantes, l’heure n’était pas au fatalisme le 30 avril à Polminhac autour de la table ronde organisée par le GDS du Cantal lors de son assemblée générale. Quand bien même le risque zéro n’existe pas, comme l’a rappelé Diane Pacalin, vétérinaire à Riom-ès-Montagnes et secrétaire de la fédération régionale des GTV(2), on peut tenter de s’en prémunir au maximum via la maîtrise des mouvements et rassemblements d’animaux. La clé majeure de cette lutte multi-fronts.
Marché au cadran, Coptasa, ils s’adaptent
En douze ans d’activité, le marché au cadran de Mauriac a dû jongler avec ces nouvelles maladies vectorielles, adapter et durcir son règlement. “En tant que centre de rassemblement, on a un agrément et on se doit donc d’être très vigilants”, a souligné Michèle Chastan, directrice du marché. Tous les imports du négoce font l’objet d’un contrôle “indemne IBR” sur le logiciel GDS, “et on détecte des choses chaque lundi...” Un billet conventionnel de garantie BVD est de plus exigé pour tous les animaux de plus de 2 ans, idem pour la paratuberculose et la besnoitiose, “et on y réfléchit pour la néosporose”, a expliqué la responsable du marché. Cette dernière regrette cependant de ne pouvoir scanner pareillement les Asda des éleveurs apporteurs pour vérifier le statut des animaux (une demande réitérée auprès de l’administration). Dès l’apparition de la DNC dans les Alpes, des protocoles ont été mis en place pour contrôler la provenance des bovins (cartes vertes scannées avant leur déchargement) et aucun animal issu des zones réglementées n’a été accepté, faute de pouvoir disposer le lundi d’un laisser passer de moins de 48 heures. “Refuser des animaux potentiellement contaminés, c’est protéger les autres”, a insisté
Mme Chastan. Sur le site du foirail, par lequel 31 000 animaux ont transité en 2025 (+ 15 %/2024), un agent de surveillance supplémentaire a été recruté et les véhicules des négociants, éleveurs, acheteurs et apporteurs sont bien séparés.
À la Coptasa, les gestionnaires de cette entité à risque élevé n’ont pas attendu la DNC pour anticiper, et faire preuve d’une réactivité maximale. À la coopérative d’estives, dont les trois sites accueillent 3 800 animaux issus de 180 élevages, dès 2017, le statut indemne IBR a été demandé pour les élevages transhumants, puis le statut non IPI pour les bovins estivés (ou PCR négative) avec recommandation de vacciner les femelles mis à la reproduction, a retracé le président Georges Lours.
Savoir à tout moment où tel animal se situe
Depuis 2021, seuls les animaux indemnes de besnoitiose sont acceptés et le pâturage tournant se fait de telle sorte qu’aucun des 25 lots n’en croise un autre. Ce printemps, les adhérents devront aussi pré-déclarer les animaux transhumants sur le logiciel Synel.
Cette mesure pourrait très prochainement aussi concerner les éleveurs déplaçant des animaux sur des parcelles éloignées de leur exploitation dans le cadre d’une estive individuelle par exemple. C’est en effet l’un des trous dans la raquette sanitaire identifié et sur lequel le GDS, les services de la DDETSPP(3) et l’Itaé (ex EDE) de la Chambre d’agriculture ont travaillé à la demande de cette dernière. Objectif : “Savoir à tout moment où se situe tel animal, tel lot d’animal”, une information essentielle dans le protocole sanitaire de la DNC notamment.
Un arrêté préfectoral, fruit de cette réflexion menée tambours battants ce printemps, “est imminent”, a confirmé le préfet, arrêté dont il informera ses homologues de la région mais aussi d’Occitanie et Nouvelle-Aquitaine. Imminent depuis plus de 15 jours, ce texte tarde cependant à être signé...
Un autre arrêté préfectoral est lui aussi à l’étude, visant à établir un règlement sanitaire de base pour tous les rassemblements d’animaux (concours, foires, marchés), a relayé Nicolas Vinrech, directeur adjoint de la DDETSPP.
Diane Pacalin a listé les préconisations individuelles à prendre à ces occasions : n’amener que des animaux sains, ne pas partager de matériel, désinsectiser animaux et moyens de transport ; au retour, isoler les animaux via une quarantaine. Des dispositions qui valent d’ailleurs pour l’introduction de tout nouvel animal sur l’exploitation : le pack introduction généralisé en janvier 2025 a ainsi montré qu’un animal sur 18 introduit était porteur d’une des cinq maladies testées (21 bovins positifs à l’IBR, un à la BVD, 138 à la besnoitiose, 79 à la paratuberculose, 319 à la néosporose).
(1) Fièvre catarrhale ovine, maladie hémorragique épizootique et dermatose nodulaire contagieuse bovine.
(2) Groupements techniques vétérinaires.
(3) Direction départementale de l’emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations.