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Vendredi 27/02/2026
Premier apport d’azote tardif ou non : que faire face à la diversité de situations ?
[bretagne]Voici quelques éléments pour espérer trouver les meilleurs compromis entre efficience technico-économique et organisation des chantiers.
Les conditions de portance ne sont toujours pas au rendez-vous pour entrer dans les parcelles, les stades avancent, mais sont très hétérogènes. Les chantiers commencent à s’accumuler, avec un pic d’activité qui s’annonce important lorsque les sols seront portants (apports d’azote, semis culture de printemps, destruction de couverts…), et les reliquats qui sont prévus bas. Va donc se poser la question de la dose d’azote à apporter selon le stade des cultures.
Lorsque les parcelles seront portantes, quelles doses d’azote apporter ?
Tout dépend de l’état d’avancement de la culture : si le stade épi 1 cm arrive bientôt ou non.
Les semis de céréales ont eu lieu majoritairement sur fin octobre et début novembre. Toutefois, les premiers semis dans l’est (Ille-et-Vilaine, est Côtes-d’Armor et Morbihan) ont commencé mi-octobre et se sont terminés fin décembre dans le Finistère.
En conséquence, les stades des céréales sont actuellement très hétérogènes entre début tallage à fin tallage.
Les parcelles ne sont toujours pas portantes avant une dizaine de jours. Le risque est de rentrer dans les parcelles tardivement avec des stades plus ou moins avancés, induisant un pic d’activité pour les agriculteurs risque, et donc une priorisation dans les interventions. Il sera donc nécessaire d’ajuster la stratégie de fertilisation en conséquence.
4 préambules pour raisonner techniquement la stratégie de fertilisation azotée
- Au tallage, les céréales valorisent peu les gros apports d’azote. Apporter plus de 30-50 kg N/ha serait une perte d’efficacité technico-économique. A ce stade, seulement 50 % de l’azote est valorisé par la plante.
- Au stade épi 1 cm, il est crucial de bien alimenter les céréales en azote. C’est en effet à partir de là que les besoins deviennent exponentiels .
- Pour un apport supérieur à 90-100 kg N/ha, il est plus intéressant techniquement de le fractionner en deux sur une période rapprochée (10-15 jours). Un apport supérieur à 90-100 kg N/ha en une seule fois risque d’être moins bien valorisé. L’azote est d’autant mieux valorisé que les conditions de croissance des plantes et les pluies sont présentes après l’apport.
- La stratégie à mettre en œuvre au moment du premier apport dépend de l’arrivée du stade épi 1 cm. Observer les parcelles en mesurant la hauteur de l’épi afin d’ajuster la dose d’azote à apporter selon si le stade épi 1 cm arrive rapidement ou non. Il ne faut surtout pas se fier uniquement à l’état extérieur des plantes.
Voici ci-dessous des dates prévisionnelles du stade épi 1 cm pour trois dates de semis et trois précocités à montaison sur plusieurs stations bretonnes. Ces dates sont à titre indicatif et seront ajustées suivant l’avancement de la campagne.
Précocité à montaison :
- Assez tardive (note 2) : KWS Extase, Chevignon, Shrek…
- Demi-précoce (note 3) : Intensity, Junior, SY Transition…
- Précoce (note 4) : Thermidor, Jeriko, Celebrity…
Tableau 1 : Dates prévisionnelles du stade épi 1 cm
Sources : ARVALIS – Météo France
Les situations pouvant être problématiques, avec un premier apport en sol portant proche d’épi 1 cm, sont les semis précoces du 20 octobre avec des variétés précoces à montaison qui atteindront le stade épi 1 cm fin février-début mars. Ces situations ne sont pas majoritaires.
Voici deux exemples de stratégies selon le stade au moment du premier apport. Les exemples de doses sont donnés pour une dose prévisionnelle X = 170 kg N/ha.
Schéma 1 : Deux exemples de stratégie de fertilisation selon le stade au moment du 1er apport
Quelles sont les situations à éviter ?
- Des parcelles sans apport d’azote après le stade épi 1 cm.
Dans cette situation, retarder l’apport d’azote après le stade épi 1 cm (prioriser sur d’autres chantiers) risque de générer une forte carence en azote qui sera difficile à rattraper par la suite. Le rendement sera définitivement impacté.
- Apporter des grosses doses d’azote (> à 80 -100 unités) au stade tallage.
Simplifier la fertilisation azotée en faisant des très gros apports en une seule fois à des stades précoces. L’azote sera mal valorisé avec un risque de carence tardive important.