Téléchargez la nouvelle application Pleinchamp !
Mercredi 16/09/2026

Prospective : quels agroéquipements en 2050 pour une agriculture durable, résiliente et prospère ?

Publié par CUMA FRANCE

De quelles machines aurons-nous besoin pour accompagner les transformations de l'agriculture dans les prochaines décennies ? Pour répondre à cette question, la FNCuma vient de publier les premiers éléments de son étude prospective*, avec pour objectif de proposer un cadre de discussion sur les besoins techniques, économiques, organisationnels et humains à venir.

 

Télécharger l'étude

 

Partir des pratiques agricoles pour repenser les machines demain

Le point de départ est simple : si l’agriculture évolue fortement dans les prochaines décennies, les machines devront elles aussi évoluer. Semer dans des sols couverts, récolter plusieurs cultures sur une même parcelle, limiter le tassement des sols, développer la fertilisation organique tout en réduisant les pertes d’azote, gérer des flux de biomasse plus nombreux ou accompagner le développement de l’agroforesterie : ces transformations vont profondément modifier les exigences auxquelles devront répondre les agroéquipements de demain.

« Il ne s’agit pas de partir de la technologie pour imaginer ce qu’elle permettra demain, mais de partir des transformations de l’agriculture pour nous demander de quelles machines, de quelles compétences et de quelles organisations nous aurons besoin. », souligne Marine Boyer, présidente de la FNCuma.

 

Quatre scénarios pour rendre visible les choix à venir

Pour rendre visibles différents choix et leurs conséquences, cette étude se base sur l’agriculture de 2050 décrite par le Shift Project dans sa dernière prospective, et met en scène quatre futurs possibles pour les agroéquipements en 2050:

  • une transition technique inégalitaire, selon les capacités d’investissement, où les avancées technologiques se poursuivent mais avec un accès différencié aux équipements ;
  • une transition verte pilotée par l’Europe et les normes, mais encore très technologique, marquée notamment par l’électrification, les nouvelles énergies, l’automatisation et la robotique ;
  • une trajectoire agroécologique, sobre, territorialisée et mutualisée, dans laquelle les coopérations autour de l’investissement, de l’usage et de la maintenance deviennent structurantes ;
  • une conciliation entre souveraineté, agroécologie, technologie utile et diversité des territoires, recherchant des équipements productifs, sobres, adaptables et appropriables par les structures agricoles.

Aucun de ces scénarios n’est considéré comme le scénario souhaitable ou celui qui aurait vocation à se réaliser. Leur rôle est, en partant de ces futurs, de rendre les alternatives visibles, d’en mesurer les implications et de faire émerger de nouvelles questions.

La machine de 2050 ne sera pas technologique

Cette transformation de l’agroéquipement ne pourra pas être réduite à la motorisation, à la robotique ou au numérique.

La prospective analyse les équipements au regard de six dimensions : le fonctionnement de la machine, son organisation, son architecture, le travail, l’environnement et son usage agricole. 

Elle place ainsi les modes de propriété et d’utilisation, la maintenance, la formation, la réparabilité, l’organisation des chantiers ou encore les compétences au même niveau que les caractéristiques techniques. Ainsi, plusieurs évolutions structurantes sont identifiées :

  • le changement énergétique nécessitera de nouvelles organisations
  • la préservation des sols deviendra une contrainte de conception
  • la diversification des systèmes agricoles imposera des machines plus adaptables
  • la puissance ne pourra plus constituer le seul critère de performance
  • la logistique prendra une place croissante dans les chantiers
  • les compétences deviendront aussi importantes que les équipements eux-mêmes.

Autrement dit, la performance future de l’agroéquipement dépendra autant de la manière dont les agriculteurs et agricultrices pourront s’organiser autour de la machine que de ses performances propres.

Au-delà des Cuma

Cette prospective sur les agroéquipements et leurs usages dans différents futurs agricoles n’est pas une étude sur l’avenir des Cuma en tant que structures. Elle apporte néanmoins un cadre théorique permettant de se poser cette question. Et l’expérience des Cuma apporte une compréhension plus fine des implications de cette prospective : mutualisation des investissements et des usages, organisation de chantiers complexes, partage des compétences, maîtrise des coûts, maintenance ou appropriation des équipements par les agriculteurs. 

Un point de départ pour mettre l'agroéquipement en discussion

En conclusion, cette publication constitue une première étape et non l’aboutissement de la réflexion. Son objectif n’est pas de fournir une liste fermée de machines du futur, mais un cadre permettant d’interroger les besoins matériels, techniques, économiques, organisationnels et humains associés à une agriculture durable, résiliente et prospère.

Un rapport complet sera publié prochainement, détaillant l’ensemble de cette prospective. En attendant, et avec cette publication intermédiaire, la FNCuma souhaite confronter ces hypothèses aux réalités des agriculteurs et agricultrices, constructeurs, chercheurs / chercheuses, filières, fédérations de Cuma et acteurs des territoires, afin d’identifier les angles morts, approfondir certains scénarios et faire émerger de nouvelles pistes.

« Ce travail est un point de départ. L’agroéquipement est un objet de politique publique à mieux travailler dans l’ensemble de ses dimensions. Il était de notre responsabilité de rendre concrètes les hypothèses de transition pour montrer que l’avenir technique de l’agriculture se jouera tout autant dans l’innovation matérielle que dans la force de nos organisations collectives » conclut Marine Boyer.