Revenu : les éleveurs moins bien lotis

Dans un large panorama de l’agriculture français, l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pointe le niveau de vie des ménages agricoles qui « est plus faible dans les territoires d’élevage ». Les disparités restent toutefois importantes d’un territoire et d’une production à l’autre.

« Les revenus agricoles sont plus faibles dans les territoires d’élevage que dans ceux de la production végétale (…) Globalement les ménages agricoles disposent des revenus agricoles les plus faibles (…) dans les territoires de production de bovins viande ou mixte, d’ovins ou de caprins », indique  l’Insee le 11 octobre. Selon l’institut qui publie les résultats d’une enquête menée en 2018 auprès de 338 480 ménages agricoles, 50 % des personnes avaient, à cette date, un niveau de vie annuel médian inférieur à 22 200 € par an, « ce qui est comparable à celui de l’ensemble des ménages » français qui perçoivent des revenus d’activité, note l’étude. Elle ajoute que 18 % des agriculteurs vivent, en 2018, sous le seuil de pauvreté fixé à 13 000 € par an pour une personne seule. En comparaison des autres catégories sociaux professionnelles, la pauvreté paraît « plus intense » car « le niveau de vie est de 9 400 € soit 1 300 € de moins qu’au sein des ménages pauvres ayant des revenus d’activité », précise l’Insee. C’est en particulier le cas pour les éleveurs de bovins viande dont le niveau de vie médian avoisine 18 500 € (18 420 exactement), avec de fortes disparités puisque 10 % dégagent un revenu moyen égal à 8 570 € quand le revenu moyen des 10 % les plus aisés grimpe à 32 800 €. Surtout, ces ménages sont très exposés à la pauvreté : « une personne sur quatre vit sous le seuil de pauvreté », souligne l’étude.

Loin du compte

D’une manière globale, c’est en Île-de-France que le niveau de vie des ménages agricoles est le plus élevé, note l’Insee. En revanche, les agriculteurs de la Lozère, Creuse, Ariège, Ardèche et plus encore Martinique et réunion se situent en bas de tableau des revenus. Un des nombreux enseignements de cette étude est que seulement un tiers du revenu disponible est tiré du revenu agricole. Les rédacteurs de la note modèrent cependant cette vision qui pourrait paraître négative, voire sombre, en soulignant le fait que « les conditions de vie (des agriculteurs, Ndlr) sont globalement plus favorables », ne serait-ce que parce que, de par la nature de leur activité, « une partie des dépenses privées (logement, dépenses d’énergie…) peuvent être intégrées dans les comptes de l’exploitation ». Ce qui fait, qu’ils « ont moins souvent de difficultés de logement » et qu’ils « sont moins affectés par des restrictions de consommation courante ». Reste qu’en comparaison du revenu moyen net médian des Français, de l’ordre de 2 424 € par mois soit 29 088 € par an, les agriculteurs français sont, dans leur grande majorité, loin du compte !

Plus mariés et plus diplômés

En 2017, selon l’Insee, les 399 000 agriculteurs exploitants de moins de 65 ans généraient 1,7 % de la valeur ajoutée de l’économie et représentaient 1,5 % des personnes en emploi. L’étude indique également que les agriculteurs, même les plus jeunes, sont « plus souvent mariés que l’ensemble des personnes en emploi : 58 % contre 44 %. Les agriculteurs semblent aussi plus sédentaires : les trois quarts habitent dans leur département de naissance. Ils sont aussi moins diplômés que l’ensemble des personnes ayant un travail. Cependant leur niveau de formation s’est fortement élevé », note l’Insee. En effet, 80 % des agriculteurs de moins de 40 ans ont un diplôme supérieur ou égal au baccalauréat contre 72 % des autres actifs en emploi