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Mercredi 14/01/2026

Sanitaire porcin - La biosécurité face aux menaces

Sanitaire porcin : Les alertes se multiplient, que ce soit localement avec la brucellose et la maladie d’Aujeszky, ou avec la proximité de la fièvre porcine africaine dans les pays limitrophes. Au quotidien, il convient de rester vigilant dans vos élevages en restant strict sur les mesures de biosécurité.

GDS Creuse est le référent sanitaire porcin pour l’ex-Limousin et représente la filière auprès de la FRGDS NA.

L’ASPNA, votre structure sanitaire régionale

Dans le cadre d’une organisation régionale, les différentes structures sanitaires porcines (Arepsa, OS Porc Poitou-Charentes, sections porcines des GDS) sont réunies au sein de l’Association Sanitaire Porcine Nouvelle-Aquitaine (ASPNA). L’objectif de cette structure est d’harmoniser et d’organiser la prophylaxie SDRP au niveau de la région et d’accompagner les éleveurs sur les dossiers de biosécurité, au travers de formations et d’audits. Depuis cette année, l’ASPNA, membre unique de la section porcine de la FRGDS Nouvelle-Aquitaine, a obtenu la délégation de gestion de la prophylaxie Aujeszky. Le financement de ces actions se fait par une cotisation prélevée à l’abattoir ou d’un forfait pour les petits détenteurs. GDS Creuse est le coordinateur des actions en Corrèze, Creuse et Haute-Vienne, et assure le tiers-payant prophylaxie (analyses et frais vétérinaires) pour les adhérents à l’ASPNA.

SDRP, un danger sanitaire majeur pour les porcs

Le SDRP est une maladie virale contagieuse surtout par contact direct entre animaux mais également possible par voie aérienne, par les camions de transport et par la semence. Le virus induit des troubles de la reproduction et l’apparition d’un syndrome grippal notamment en engraissement, avec une altération pendant plusieurs mois des performances de l’élevage. Cette maladie est présente dans plusieurs régions françaises et un foyer en élevage est toujours actif depuis mars 2020 en Dordogne, en lien avec la Corrèze. En Nouvelle-Aquitaine, le dépistage se pratique dans tous les élevages entre mars et octobre, sur un échantillonnage d’animaux. En Creuse, en 2025, tous les élevages contrôlés ont présenté des résultats négatifs. Les adhérents à l’ASPNA bénéficient des attestations de suivi sanitaire SDRP leur permettant l’accès à toutes les filières commerciales. Toutes les zones pouvant fournir des animaux ne possèdent pas un statut favorable par rapport au SDRP. Face à une pathologie pouvant avoir un fort impact économique, une vigilance accrue est fondamentale lors d’introduction, elle s’appuie sur la connaissance du statut du cheptel d’origine.

Maladie d’Aujeszky, la France indemne en élevage

La France continentale est reconnue indemne de maladie d’Aujeszky chez les suidés domestiques depuis le 28 mars 2008. La surveillance sérologique concerne les élevages de sangliers, les élevages plein-air, dès le premier porc détenu (risque de contamination par les sangliers) et les élevages diffusant des reproducteurs. En Creuse, tous les résultats de la prophylaxie 2025 se sont avérés une fois de plus négatifs.

Brucellose porcine et maladie d’Aujeszky, des alertes dans la faune sauvage

Dans le cadre de notre suivi de la faune sauvage, en partenariat avec la FDC 23, la DDETSPP, la DDT et le LDA 23, des sangliers tués à la chasse font l’objet de prélèvements réguliers.

La brucellose à Brucella suis est présente de manière récurrente en Creuse, avec près de 50 % des analyses de surveillance positives. Un foyer a été déclaré dans un élevage naisseur plein-air de Haute-Vienne en 2025 et dépeuplé. Pour la maladie d’Aujeszky, 3 sangliers ont été confirmés positifs dans le nord-est creusois fin 2025. Cela vient rappeler la nécessaire protection des élevages par la mise en place de mesures de biosécurité, et tout particulièrement les élevages plein-air.

FPA, des mesures de biosécurité à mettre en œuvre dans votre élevage

Pour contrer l’émergence de la Fièvre Porcine Africaine (FPA) (cf. encadré) et la menace de ces maladies sur l’élevage porcin, l’arrêté ministériel biosécurité du 16 octobre 2018, complété par l’instruction technique du 15 mai 2019, impose la déclaration auprès des services vétérinaires dès le premier suidé détenu. Un référent biosécurité porcine est désigné dans toutes les exploitations professionnelles et pour les personnes non encore formées, GDS Creuse, en partenariat avec la Chambre d’agriculture de la Creuse, organise des formations de rattrapage. Dans les élevages, les principales mesures à mettre en œuvre sont l’interdiction de distribuer des restes alimentaires aux porcins, la maîtrise des contacts entre les porcs et l’extérieur, et la mise en place de systèmes de protection vis-à-vis des sangliers pour tous les détenteurs. Vous pouvez faire un état des lieux de votre exploitation avec un audit Pig Connect Biosécurité.

L’action sanitaire, pour un intérêt individuel et collectif

En Creuse, le maintien de notre situation globalement favorable passe par un engagement de chacun en matière de maîtrise des risques sanitaires avec pour objectif un bénéfice sanitaire individuel et collectif. Bien que ne représentant que 6 % de la production de Nouvelle-Aquitaine, cela nous permet de maintenir notre production porcine. Avec les professionnels regroupés au sein de sa section porcine, GDS Creuse, via l’ASPNA, s’investit avec un accompagnement technique (gestion des prophylaxies en relation avec la DDETSPP, attestations SDRP, formation biosécurité, audits…) et financier (tiers-payant, fonds de solidarité Aujeszky et SDRP…). Pour tout renseignement complémentaire, n’hésitez pas à nous contacter ou votre vétérinaire.

Fièvre porcine africaine, des foyers en Allemagne, Italie et Espagne

Une maladie virale très contagieuse

Cette maladie virale se transmet « de groin à groin » ou par les restes alimentaires. Elle se manifeste de manière variable suivant le pouvoir pathogène du virus ou le stade physiologique des animaux. Elle peut s’exprimer sous une forme suraigüe et mortelle en moins de 48h à une forme chronique atténuée, en passant par des formes fébriles associant des troubles digestifs, respiratoires, hématologiques et nerveux. Seule l’analyse de laboratoire permet de faire la distinction entre la peste porcine classique (PPC) et la fièvre porcine africaine (FPA). Un vaccin est à l’étude mais, à ce jour, la prévention passe par des mesures de biosécurité. En cas de foyer avéré, l’abattage reste la seule solution.

Une diffusion mondiale avec une situation inquiétante en Europe

Identifiée en 2007 en Géorgie, la FPA s’est disséminée dans le nord-est de l’Europe et en Russie. Depuis 2014, elle progresse dans l’Union européenne depuis les zones frontalières et une diffusion « en tache d’huile ». Le sud de la Belgique avait été contaminé en septembre 2018 mais les mesures mises en place ont permis l’assainissement du foyer et le pays a recouvré son statut de pays indemne le 20 novembre 2020.

En Allemagne, des sangliers contaminés ont été trouvés à 78 km de la frontière française. En Italie, le cas le plus proche est à 60 km de la frontière française.

La confirmation des premiers cas de FPA le 28 novembre sur des sangliers au nord de Barcelone (94 km de la frontière) a surpris tout le monde. À ce jour, 29 cas ont été identifiés dans la faune sauvage mais aucun en élevage. Le virus est proche génétiquement de la souche Georgia 2007 et de souches présentes en Europe de l’est et en Asie mais n’avait jusqu’alors jamais été identifié dans le monde. Les investigations épidémiologiques suggèrent que le premier cas a été introduit, probablement par l’activité humaine (non précisée), au mois d’octobre 2025.

La FPA n’est pour le moment pas présente en France mais sa diffusion en Europe continentale et dans les Caraïbes (proximité avec les Antilles) inquiète.

Des mesures sanitaires pour freiner la diffusion

Pour contrer l’avancée de la maladie, des mesures sont mises en place autour des foyers (installation de clôtures de confinement). Les voyageurs sont sensibilisés : ne revenez pas de pays infectés avec des produits à base de porc et ne jetez pas les restes alimentaires dans la nature mais dans des poubelles fermées et adaptées. Et si vous trouvez un cadavre de sanglier, signalez-le à l’OFB ou à la Fédération Des Chasseurs de la Creuse (FDC23).

Aurélie DEFRENAIX, Dr Boris BOUBET – ASPNA et GDS Creuse – www.gdscreuse.fr