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Dimanche 01/03/2026

Sans vaches mais pas sans bœuf brésilien et argentin, l’affluence du Salon de l’agriculture chute de 28% à 437.402 visiteurs

[SIA 2026] Si l’absence de bovins est la cause sans doute majeure de la désaffection du public, les organisateurs pointent également le calendrier scolaire ainsi que les appels au boycott, des « prises de parole conflictuelles » ou encore des « polémiques parfois surdimensionnées ». ». Le bœuf brésilien et argentin s’est en revanche invité au coeur de ce « bien commun » national.

Une vache égérie, Biguine la Brahmane, réduite à l’état d’hologramme, de peluche, d’effigie sur mug en encore de boîte à « meuh ». Une Abondance grandeur nature en matière composite au sein de la ferme pédagogique. Des posters grand format ici ou là de Normande, Montbéliarde, Limousine… Mais rien de vivant. Et fort de ses 600 et quelques vaches, veaux, taureaux et bœufs habituellement présents, le vivant semble avoir fait terriblement défaut lors cette 62ème édition, privée de bovins pour cause de DNC.

Début janvier, les organismes de sélection des races bovines avaient annoncé renoncer au Concours général agricole, à la fois par « précaution » et par « solidarité », en dépit des garanties apportées par les autorités, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. En vain. « Le Salon est historiquement et affectivement lié à l’élevage bovin », a réagi dans le président du SIA dans une lettre ouverte publiée dimanche, avant même la publication des chiffres de fréquentation. Quand une partie en est amputée, l’équilibre se trouve inévitablement bousculé ».

"Un Salon annoncé comme un lieu de tensions donne moins envie"

Les organisateurs qui, dès mercredi, avaient indiqué que la fréquentation avait chuté de 25% sur les quatre premiers jours, invoquent également le calendrier des vacances scolaires qui, pour la première fois en 8 ans, a fait ses télescoper les trois zones sur plusieurs jours. « Un climat d’attentisme en est découlé, écrit Jérôme Despey. Certains ont hésité à venir. D’autres ont choisi de ne pas participer. Des appels au boycott, des prises de parole conflictuelles, des polémiques parfois surdimensionnées ont pu contribuer à nourrir le doute : un Salon annoncé comme un lieu de tensions donne moins envie ».

En 2024, après des semaines de manifestations sur l’ensemble du territoire, le SIA avait tout de même attiré 603.652 visiteurs ((et 607.503 en 2025), l’édition 2026 confirmant si besoin en était le capital d’attraction et de séduction des bovidés auprès du grand public.

"Il ne faut jouer avec ce bien commun qu’est le Salon de l’Agriculture"

L’histoire retiendra également qu’au 7ème jour de Salon, la Commission européenne a décrété l’application provisoire de l’accord UE-Mercosur, à la « surprise » d’Emmanuel Macron, projet qui empoisonne les campagnes françaises depuis plusieurs années, alors même que l’accord est sous le coup d’un double sursis réglementaire et parlementaire après la saisine de la Cour de justice de l’UE par les eurodéputés.

« Le Salon appartient au monde agricole dans toute sa diversité, écrit encore Jérôme Despey. Il est aimé de tous, mais il est aussi fragile. Dès qu’il est affaibli par des absences, des tensions ou des divisions, il en subit immédiatement les conséquences. Le Salon est un pont entre les agriculteurs et les Français, entre les filières et les territoires, entre la France et le monde. Mais c’est aussi un lieu de convivialité familiale et amicale. Le fragiliser, c’est affaiblir cet espace unique de dialogue. Il ne faut jouer avec ce bien commun qu’est le Salon de l’Agriculture ». Avant de conclure : « Si les conditions sanitaires le permettent, les bovins et les volailles seront de retour. Toute la famille sera réunie ».