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Vendredi 04/09/2026
Suspension des importations brésiliennes
La suspension des importations brésiliennes ne veut pas dire l’arrêt des importations du Mercosur.
Conjoncture – Sur l’échiquier mondial, les décisions géopolitiques modèlent en permanence les équilibres du commerce de la viande dominée par quelques très grands pays producteurs. Le marché américain, qui subit une très forte décapitalisation, observe une très forte inflation des prix, comme en Europe l’an passé, au point de mettre en danger la consommation de burger dans ce pays. Donald TRUMP vient d’annoncer une suspension provisoire (90 jours) des droits de douane à l’importation. Le Mexique et le Brésil sont en première ligne pour couvrir les 300 000 tonnes qui seront destinées au bœuf haché.
En Europe, dans la foulée de la signature des accords commerciaux avec le Mercosur, la Commission Européenne avait mis en place des clauses de protection, pour que les produits qui entrent sur le sol européen respectent nos normes. Après un été où les volumes importés notamment du Brésil ont déstabilisé le marché du jeune bovin, avec une répercussion sur l’ensemble des catégories de viande, l’UE suspend ses importations brésiliennes à partir du jeudi 3 septembre. La Commission Européenne reproche au Brésil de ne pas avoir apporté de garanties suffisantes sur la conformité de ses produits avec les règles européennes contre l’utilisation abusive d’antibiotiques dans l’élevage. L’utilisation d’antimicrobiens en élevage dans le but de favoriser la croissance ou d’augmenter les rendements est interdite. Les animaux ne peuvent pas non plus être traités avec des antimicrobiens réservés aux infections humaines. Ces mesures font partie d’une politique européenne visant à lutter contre la résistance des microbes aux médicaments, en évitant les recours inutiles aux traitements antibiotiques. Des audits sur la volaille, les œufs ou le miel sont en cours pour une restauration rapide des mouvements. En ce qui concerne la viande bovine, le Brésil n’a pas donné les garanties suffisantes pour le respect de ces normes. C’est une bonne nouvelle, pour les éleveurs qui vont observer une moindre pression de ces viandes sur le sol européen. Cela ne veut pas pour autant dire que les importations du Mercosur sont toutes fermées. L’Argentine, l’Uruguay et le Paraguay ne sont pas touchés par cette suspension. Les gros opérateurs sauront mettre à profit le retrait (temporaire) du leader du marché de la viande.
Le déficit de production européenne reste important, mais alors que dans un premier temps les experts misaient sur des importations de pièces nobles comme les aloyaux, les morceaux de second choix pouvant entrer dans la fabrication de steak haché trouvent leur place sur le vieux continent. La baisse des droits de douane, a créé un appel d’air, qu’il sera difficile à enrayer, avec des industriels sud-américains, qui ont œuvré et se sont préparés pour respecter les normes européennes.
De nombreux autres accords de libres-échanges font moins de bruit, mais constituent en cumul des volumes importants qui entrent en Europe.
La France n’est pas épargnée, car si ces viandes ne sont pas directement sur les étals des magasins, elles entrent en concurrence chez nos partenaires européens. L’équilibre de notre marché n’est pas uniquement régi par la production intérieure, des mouvements permanents avec nos voisins. Le trading de viande est très actif pour cela, avec des volumes qui se sont renforcés ces dernières semaines.
En cette période de rentrée scolaire, les gestionnaires de cantines ou des grands groupes de restauration collective restent préoccupés par l’inflation qui perdure sur les produits (malgré les fortes baisses à la production). La place de la viande, bien que très appréciée par les élèves et les étudiants, est de plus en plus écartée faute de budget, mais également de normes qui imposent des menus sans viandes dans les établissements.
Côté production, le monde de l’élevage allaitant voit doucement reverdir les campagnes, aux aléas des précipitations orageuses de ces derniers jours. Cela n’est pas encore suffisant pour nourrir les animaux, mais cela fait du bien au moral, après un été douloureux.