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Jeudi 02/07/2026

Transmission : « Reprendre la ferme familiale, une évidence »

Publié par L'Allier Agricole

À 23 ans, Antoine Foncelle est en plein dans l’aventure de l’installation. Son projet est de reprendre la ferme de son père. Une évidence pour lui de poursuivre dans ce domaine qu’il aime, avec toutefois des questions et des craintes, notamment vis-à-vis de l’administratif.

Saulzet, une exploitation familiale en mouvement

Éric Foncelle, père d’Antoine, est à deux ans de la retraite.

Il possède une exploitation solide à Saulzet de 200 hectares de SAU (Surface Agricole Utilisée), l’EARL des Diagots, en grandes cultures, spécialisée dans la multiplication et hybridation de semences.

Parmi ses quatre enfants, Antoine et ses deux petits frères, Yoann et Vincent, veulent reprendre l’exploitation familiale.

Leur sœur Marie a choisi une autre voie.

L’aîné anticipe la retraite et prépare le terrain pour dégager des revenus pour sa fratrie et lui-même, en atteignant à terme une exploitation de 300 hectares, soit 100 hectares par associé.

Dans le courant de cette année, il reprendra des terres voisines qui se libèrent, environ une vingtaine d’hectares.

Diversification et adaptation

Actuellement, l’exploitation génère de la plus-value, mais Antoine a conscience que « le contexte économique impose de s’adapter ».

La multiplication de semences reste un pilier, mais d’autres pistes sont envisagées, telles que la culture du tabac, « très rémunératrice », que son père a déjà pratiquée ; voire un atelier animal, pour tendre vers un système de polyculture-élevage, « le modèle idéal » selon lui.

« Mais ce ne sera pas pour tout de suite : c’est un gros investissement », tempère Antoine.

Un parcours ancré dans le terrain

Titulaire d’un Bac Pro CGEA et d’un BTS ACSE, le jeune agriculteur a suivi toutes les journées de formation à la Chambre d’agriculture en 2025.

« Certaines journées sont plus à destination de personnes en reconversion. Mais au bout du compte, cela permet de dresser le tableau, que le projet devienne concret », constate Antoine.

Trouver la bonne formule juridique

La question qui se pose est de reprendre en individuel ou en parts. Antoine travaille sur ce dossier avec le comptable de Cerfrance Terre d'Allier et des conseillers juridiques.

« Il faut trouver la bonne forme pour ne pas payer trop d’impôts, et que tout le monde y trouve son compte.

Le foncier, c’est compliqué… Il faut trouver le meilleur compromis. »

L’administratif, « le plus gros problème »

L’administratif pèse lourd : « À chaque fois qu’on se lance dans quelque chose, on se demande si ça va passer ».

La complexité des normes, le stockage de l’eau, les aléas climatiques ; du gel à la grêle en passant par les canicules

« C’est vite limitant », commente-t-il.

Malgré ces défis, Antoine Foncelle n’oublie pas ce qui le motive : « la liberté d’entreprendre, travailler avec la nature, en extérieur. C’est une chance. C’est un beau métier d’agriculteur ».