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Vendredi 11/09/2026
Une montée en puissance de l’IA au service de l’agriculture.
L’édition 2026 du SPACE sera l’occasion d’observer la montée en puissance de l’IA dans de nombreux domaines.
Conjoncture – Si l’an passé, le thème central du Space à Rennes était tourné vers l’intelligence artificielle au service de l’intelligence agricole. L’IA qui fait déjà partie du quotidien des producteurs et ne cesse de prendre de la place notamment chez les jeunes générations. La rapidité de son développement est exponentielle et souvent cachée dans de simple application.
Les producteurs prennent également en main l’exposition médiatique avec un nombre croissant d’agri-influenceurs sur les réseaux sociaux, bouleversant non seulement la perception de leur métier, mais également la manière dont ils partagent leurs savoirs, s’organisent et se mobilisent. Même si le travail reste sur le terrain ou dans les élevages, les smartphones font partie intégrante des outils agricoles. C’est même celui qui est le plus transversal à toutes les productions.
Le Space 2026 mettra l’EAU au centre des débats, après une année catastrophique pour de nombreuses productions. L’eau c’est la vie, que ce soit pour le végétal ou l’animal. La maîtrise des excédents et son stockage sont des sujets, qui animent les débats souvent très idéologiques, voire politiques. Or notre alimentation de demain sera fortement liée à cette maîtrise. Voir les champs inondés l’hiver et desséchés l’été devrait pourtant interroger le commun des mortels. La souveraineté alimentaire de la France est de plus en plus menacée.
La sécheresse et les canicules à répétition ont engendré de lourdes pertes de production que ce soit dans les cultures, le maraîchage ou l’élevage, avec des conséquences financières directes.
Le climat subit de plein fouet un épisode El’Ninio sans précédent, avec une progression des températures de l’océan Pacifique jamais observées. Les météorologues prévoient le renforcement de cet épisode jusqu’en février, avec des répercussions qui vont s’étaler sur l’année 2027 sur l’ensemble des continents.
Il est urgent de se préparer à une année qui sera loin d’être sereine.
La maîtrise des coûts énergétiques, la gestion du sanitaire seront également des préoccupations fortes des filières. La guerre en Iran perdure, et maintient un prix très élevé des carburants et de tous les intrants qui ont besoin d’énergie. Le réchauffement de la planète a également un impact direct et important sur le sanitaire, avec des attaques permanentes de nouveaux virus. La maîtrise de ces épizooties nécessite de gros moyens de prévention de traitement avec des conséquences directes (mortalité, fécondité… ) ou indirectes (fermeture de marchés à l’export), pour les éleveurs. La vaccination à grande échelle est souvent la seule solution efficace. Cette année est marquée par une recrudescence de la FCO3 dans les régions jusque-là épargnées (donc non protégés par la vaccination). Un nouveau venu est également apparu, le virus Shamonda (un cousin de Schmallenberg), il n’est pas encore très répandu, mais les conséquences sur les vaches gestantes peuvent être graves avec des avortements ou des malformations. Cette attaque est considérée comme modérée, mais elle attire toute l’attention des autorités sanitaires.
L’ensemble de ces facteurs ont un impact direct sur la chaîne de production, avec une réduction de l’offre, tous secteurs confondus. Elles s’ajoutent à l’érosion naturelle des départs en retraite et au manque de renouvellement des générations. L’an dernier cette érosion avait engendré une flambée des prix, avec la suite que l’on connaît. Pour le moment et à la sortie d’un été où la consommation de viande rouge a été malmenée, le marché tend vers un nouvel équilibre. Cette situation est bien entendue, soumise aux aléas géopolitiques et aux flux d’importation accordés par l’UE.
La France n’est pas la seule dans cette situation. L’ensemble des pays de l’UE est dans la même situation, avec des pays qui vont s’adapter à la suspension des importations brésilienne. L’économie reste toujours maîtresse d’un marché qui subit la modification des flux de matières avec plus de viande hachée (ou transformée) et un recul des ventes des aloyaux.