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Mercredi 24/06/2026

Vautours : “Il faut avoir les nerfs solides”

Publié par L'union du Cantal

Dans quelques mois, Christian Chapus cèdera son exploitation à une jeune.

Chaque début d’été depuis plusieurs années maintenant, les mêmes scènes sont décrites sur les montagnes du Cantal : des troupeaux affolés, une concentration massive de vautours en un point de la parcelle où ne subsistent souvent que des restes dérisoires d’un veau, réduit à l’état de squelette, ou le cadavre déchiqueté, vidé de l’intérieur, d’une vache. Ces 15 derniers jours, le scénario se répète. Au col d’Aulac, à Talizat, Andelat comme à Peyrusse. Le 11 juin dernier, en début d’après-midi, Christian Chapus est appelé par un voisin : ses salers qui pâturent à moins de 100 mètres du village du Cézallier sont anormalement agitées. “J’ai été sur place, il y avait une vache crevée, sans doute morte la veille(1), et des vautours en nombre. Quand je suis arrivé, ils n’ont pas eu peur, ils se sont juste éloignés sur une butte. Les vaches, elles, couraient partout”, relate l’éleveur, qui transmettra en fin d’année son exploitation à une jeune femme hors-cadre familial.


La faune sauvage devant, les paysans derrière

Christian Chapus décide de redescendre le troupeau, redevenu docile, à l’exception d’un broutard qui se blesse à une patte mais qui reste impossible à attraper. “Il nous fonçait dessus même sur trois pattes, on a passé l’après-midi avant de pouvoir le récupérer”, raconte l’éleveur.
S’il ne présente pas de fracture, le veau ne pose toujours pas le pied dix jours plus tard, malgré les soins du vétérinaire. Et l’hypothèse de l’euthanasie se profile. “Je vais sans doute perdre le veau et donc 1 500 €, ça fait réfléchir... Les vautours, ça va faire comme le loup, l’ours... il va malheureusement falloir vivre avec. Ce seront les animaux sauvages d’abord et les agriculteurs après ! Les animations pour les touristes avant les paysans”, s’indigne le futur cédant, inquiet pour la relève, alors que la profession agricole a plus besoin que jamais de recrues pour remplacer les nombreux départs en retraite. “Il faut avoir les nerfs solides...”, lâche-t-il à quelques mois du terme d’une carrière où il a perpétué le système salers trait.
Comme au Vaulmier, plus de 160 vautours ont été comptés le soir sur le secteur par des collègues éleveurs. Près de 200 le lendemain. Des oiseaux de mauvaise augure pour le pastoralisme à l’heure où l’on célèbre l’année internationale de cette pratique millénaire.

(1) Avant que les vautours ne la charognent.