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Stockage de l’eau : deux points de vue sur la "résilience" de l’agriculture

Adèle Magnard

Stockage de l’eau : deux points de vue sur la "résilience" de l’agriculture

Après les promesses du gouvernement en matière de stockage de l’eau, la FNSEA, les Chambres d’Agriculture et Irrigants de France demandent le passage à l’acte. A contrario, la Confédération paysanne alerte sur l’assèchement des réservoirs naturels.

Le ministre de l’Agriculture l’a rappelé le 29 août dernier : une « instruction arbitrée par le Premier ministre » a été obtenue afin de pouvoir « à nouveau faire des retenues d’eau » en France. Un objectif de création de 60 retenues d’ici à 2022 a été annoncé. « L’agriculture sera résiliente si elle est irriguée », avait défendu Didier Guillaume sur le plateau de CNews.

Une position saluée par la FNSEA, qui demande maintenant un passage à l’acte. « Nous attendons la mise en œuvre dès maintenant de la nouvelle instruction sur les projets de territoire pour la gestion de l’eau », a indiqué le syndicat majoritaire dans un communiqué le 30 août, signé conjointement avec les Chambres d’Agriculture et Irrigants de France. « La mise en place de retenues permet de mobiliser l’eau des pluies abondantes pour l’utiliser en période de sécheresse, et contribue à lutter contre les incendies, abaisser les températures, préserver la biodiversité et maintenir une agriculture résiliente », ont revendiqué les organisations.

Mais, pour faire face à la sécheresse, le stockage de l’eau n’est pas la solution préconisée par tout le monde. Réagissant également aux propos du ministre, la Confédération paysanne revendique une position diamétralement opposée. « L'eau qui tombe du ciel vient nourrir un stockage naturel qu'il convient de préserver au maximum » dans les nappes et les cours d’eau, affirme le syndicat dans un communiqué publié le 2 septembre. « D’autant plus que l'agriculture industrielle a asséché ce système hydraulique », poursuit la Conf’.

« La résilience de l'agriculture se joue dans sa capacité à mettre en œuvre des pratiques permettant d'économiser l'eau, de la répartir et de recréer des espaces naturels de stockage de l'eau, en particulier dans les sols », revendique le syndicat. Au fait, qu’est-ce que la résilience ? « La résistance aux chocs d'un matériau », nous dit le Larousse. En matière de stockage de l'eau, les points de vue divergent sur la manière de parer les chocs auxquels est confrontée l'agriculture. 

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Commentaires 9

Panurge79

Pomper dans les nappes lorsqu'elles regorgent de partout n'est pas un sacrilège non plus, sauf peut-être pour les ultras écolos qui ne veulent pas qu'on touche à la nature tellement elle est parfaite ! Sinon pour les autres , ça peut être du bon sens...

Jardinier30

J'ai lu depuis une prise de position de la Conf' qui était plus nuancée que celle relatée (déformée ?) dans cet article. Elle soutient la création de retenues collinaires effectivement alimentées par les pluies, et s'opposent aux "bassines" de Poitou-Charentes, qu'on veut remplir à partir de pompage dans les nappes.. Voilà qui me semble de bon sens.

adada

il suffit de faire payer l eau assez cher

Seb

Faire des retenues ce serait l idéal pour avoir l eau en été et ecreter les excès en hiver... Mais pour faire rentrer ça dans les mœurs, y a pas de mal de travail à faire avant un coup de pelle.

Baba

L'avenir de notre agriculture passe par le contrôle de l'eau , le stockage en période hivernale
pour irriguer en période sèche.Dans la région , tous les éleveurs qui irriguent, n'ont aucun
problème de stock de fourrage tandis que les autres sont en souffrance morale et financière.
Le discours de la conf ne tient pas une minute face aux réalités.
.Il ne suffit pas d'implorer le ciel, il faut aussi retrousser ses manches et avoir du bon sens
Dommage que la conf et nos politiques en manquent.

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