Et si vous deveniez « Entomo farmer » ?

Lise Monteillet

Et si vous deveniez « Entomo farmer » ?
Entomo Farm est présent sur le salon de l'agriculture pour présenter la nouvelle filière.

Le premier élevage de vers de farine vient de lancer son activité dans le Gers, il y a un mois, en lien avec Entomo farm. C’est un début pour cette nouvelle filière, qui espère approvisionner plusieurs centaines d’agriculteurs dans les prochaines années.

L’élevage d’insectes est-il une voie d’avenir pour diversifier les productions sur une exploitation agricole ? C’est le pari qu’a fait Entomo Farm, en partenariat avec Ovalie Innovation, filiale des groupes coopératifs Maïsadour et Vivadour.

Entomo Farm mise sur la production de ténébrions, ou vers de farine, pour réduire le déficit protéique de l’Europe. Trois produits sont issus de cette production. D’abord, la farine de ténébrions, dont le taux de protéines est supérieur à 70%, peut être incorporée dans l’alimentation animale (poissons, chiens…). Une huile riche en oméga 6 et en acides gras insaturées est aussi produite, intéressante en cosmétique. De même, les fèces de ténébrions sont récupérées et peuvent être utilisées comme un fertilisant des végétaux.

Devenir éleveur de vers

Concrètement, l’idée est de produire des œufs dans une usine, puis de les redistribuer à un réseau d’agriculteurs. Le premier élevage vient de démarrer ses activités, dans le Gers. Fabienne Jacquet a été choisie par Entomo Farm, pour élever les vers. Son travail quotidien : surveiller les caisses de vers et les hydrater selon un protocole défini. L’alimentation des vers est fournie par Entomo Farm. L’élevage dure deux mois, ce qui nécessite du travail de manutention pour charger et décharger les caisses.

L’importance du bâtiment

Pour le moment, la filière réalise un travail d’identification des agriculteurs intéressés par la démarche et qui possèdent le bâtiment adéquat. Ce dernier doit assurer une certaine température et hygrométrie pour permettre la croissance des ténébrions. « Nous favorisons les bâtiments supérieurs à 800 m2 », explique Stéphane Ballas, chargé de projet chez Ovalie Innovation. Selon le niveau d’équipements, tous les bâtiments n'offriront pas un retour sur investissement rapide, d’où l’importance de cibler les bons producteurs. Les anciennes salles de gavage ou d’élevage de poulets de chair se révèlent particulièrement adaptées (isolation, sol bétonné, ventilation…) Un bâtiment de 1000 m2 permet de produire aux environs de 17 tonnes d’insectes tous les deux mois.

Perspectives de développement

Cette filière pourrait connaître un nouvel essor si les farines de vers venaient à être autorisées en élevage porcin et avicole. Les acteurs de la recherche et développement sont déjà en train de tester des recettes pour incorporer la farine d’insectes dans l’alimentation de ces animaux.

Entomo Farm espère ouvrir cinq sites de production sur tout le territoire national dans les cinq prochaines années. Chaque site pourrait apporter un complément de revenu à 100 agriculteurs et serait générateur de 80 emplois. « Nous voulons nous déployer rapidement, voilà pourquoi nous allons nous appuyer sur le territoire et les bâtiments d’élevage à reconvertir », précise Grégory Louis, cofondateur d’Entomo Farm.

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