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Grande douve et paramphistome… L’analyse est automatique !

Dr Boris BOUBET - Dr Didier GUERIN - GDS Creuse – www.gdscreuse.fr

Grande douve et paramphistome… L’analyse est automatique !

Grande douve et paramphistome => La saison hivernale représente une période stratégique de gestion de ces deux parasites. Un raisonnement précis de votre plan de lutte, appuyé sur des analyses, est à effectuer chaque année à l’entrée de l’hiver.

La grande douve (Fasciola hepatica) et le paramphistome (Calicophoron daubneyi) sont deux trématodes avec des cycles parasitaires très semblables. Les œufs excrétés par les ruminants vont éclore en milieu aquatique, libérant une larve. Ce miracidium va rechercher son hôte intermédiaire, un petit escargot aquatique. Des études récentes ont révélé que la limnée tronquée n’est plus la seule contaminée et que d’autres limnées, voire des planorbes sont également infestées. Les cercaires libérées se fixent sur un brin d’herbe et s’enkystent sous forme métacercaire qui sera ingérée par le ruminant.

Une infestation grande douve toute l’année avec un pic en automne

L’infestation peut se faire toute l’année avec 3 cycles parasitaires : un cycle transhivernant avec contamination de printemps, un cycle d’été précoce et un cycle d’été tardif responsable des contaminations les plus massives. La larve traverse l’intestin, passe par le péritoine et s’installe dans le foie où elle devient adulte. L’objectif est le zéro douve car quelques parasites dans les canaux biliaires suffisent à entraîner des pertes. Les formes historiques, avec de fortes infestations et de la clinique (œdème de l’auge, amaigrissement, diarrhée), ont laissé place à une infestation subclinique avec des impacts sur la production laitière, la croissance des jeunes bovins et des taurillons, la fonction de reproduction et l’immunité avec des colostrums de mauvaise qualité.

Le paramphistome, l’envahisseur du rumen

Considéré comme anecdotique au début des années 90, il est aujourd’hui très largement répandu. Cette émergence est liée à 3 facteurs : une baisse globale de la grande douve qui a ouvert un espace écologique, une utilisation de douvicides spécifiques non-actifs sur le paramphistome dans les années 80 et le développement du plein-air.

Sur de jeunes animaux, on peut observer en fin de printemps ou en fin d’automne des diarrhées noirâtres parfois mortelles. Elles sont dues à la migration massive de larves au niveau de la caillette et très difficiles à diagnostiquer. La clinique classique apparaît après plusieurs années : amaigrissement, diarrhée chronique entrainant une baisse des défenses immunitaires. Elle est due à l’accumulation des parasites adultes dans le rumen, un paramphistome pouvant vivre plus de 5 ans en absence de traitement.

Un plan d’action intégrant les mesures agronomiques

L’immunité contre les trématodes est faible, voire néfaste pour le foie avec la grande douve. La lutte contre ces parasites ne se résume pas au schéma thérapeutique. Limiter l’infestation permet de réduire les pertes économiques et d’optimiser les traitements, coûteux et parfois inutiles. Il n’y a pas de douve ou de paramphistome sans escargot aquatique et donc sans zone humide. On veillera à aménager les points d’eau afin d’éviter l’apparition de zones de piétinement, à clôturer l’accès aux zones humides et à éviter la récolte de fourrages dans ces zones, les métacercaires persistant plusieurs mois.

Une composante du concept « Le sanitaire… j’adhère ! », une utilisation du kit diagnostic à renforcer avec votre vétérinaire et l’accompagnement de GDS Creuse

Composante du concept « Le sanitaire… j’adhère ! », votre plan antiparasitaire est à définir chaque année avec votre vétérinaire, à cette période pour la grande douve et le paramphistome, à partir des observations de vos bovins, du cycle de pâturage de chaque lot, des traitements réalisés et du kit diagnostic. 2019, avec sa longue période sèche, demande une attention particulière du fait d’une éventuelle présence plus importante des bovins sur des zones humides et donc d’une augmentation possible de la contamination. Disponible depuis plusieurs années, le kit « grande douve-paramphistome » (274 éleveurs utilisateurs en 2018/2019) est particulièrement recommandé cette année pour actualiser votre plan antiparasitaire. Votre vétérinaire et GDS Creuse sont à votre disposition pour tout renseignement. Pour plus d’information, consultez le chapitre « Parasitisme » dans l’onglet « La boîte à outils bovins » sur notre site.

Grande douve et paramphistome… L’analyse est automatique !

Kit diagnostic GDS Creuse « grande douve/paramphistome »

Le diagnostic repose d’abord sur les observations épidémiologiques et cliniques : présence de prés propices aux limnées, insuffisances de performances... L’appréciation s’effectue lot par lot (suivi du circuit des animaux pendant le pâturage). Pour les examens complémentaires, le schéma conseillé est le suivant, par lot de pâture.

Une sérologie grande douve de mélange de 10 (11,10 € HT l’analyse)

La sérologie Elisa est le seul diagnostic suffisamment sensible pour la grande douve. Elle se positive en 2 à 4 semaines et reste positive jusqu’à 20 semaines après la contamination. Les tests utilisés en Creuse permettent d’estimer le niveau d’infestation. Les sangs de prophylaxies peuvent être utilisés.

Une coproscopie parasitaire de mélange de 5 prélèvements individuels pour les paramphistomes (8,00 € HT l’analyse) (les prélèvements sont individuels, le laboratoire effectue le mélange après pesée).

GDS Creuse prend en charge 50 % des frais d’analyses si les 2 recherches « sérologie grande douve » et « coproscopie parasitaire quantitative de mélange » sont effectuées. Le coût pour vous est donc de 9,55 € HT par lot de pâture.

Grande douve et paramphistome… L’analyse est automatique !

Une méthodologie pratique de traitement

S’il y a des paramphistomes dans l’élevage, la grande douve est alors présente et est à considérer de manière prioritaire. En pratique, la démarche suivante peut être retenue :

  1. La grande douve est présente de manière significative, une intervention spécifique (médicaments à base de closantel, nitroxinil ou triclabendazole) sera réalisée dans les 3 semaines suivant la fin de période de contamination (premières gelées, passage sur une prairie sans zone humide ou rentrée en stabulation). L’utilisation de douvicides à base de closantel ou nitroxinil permet l’apport complémentaire d’iode.
  2. Le paramphistome présente un haut niveau d’accumulation (moyenne > 40 œufs par gramme de fèces), un traitement avec un antiparasitaire à base d’oxyclozanide 8 semaines après le premier traitement sera effectué.
  3. La contamination en grande douve est faible, celle en paramphistome conséquente, le traitement sera mixte avec un antiparasitaire à base d’oxyclozanide 10 semaines après la fin de période de contamination.
  4. En cas de contamination d’été à risques (forte présence de prés de fond), une application supplémentaire douvicide ou mixte, selon les cas, sera effectuée en juillet.
  5. En cas d’intervention précoce avec un traitement douvicide ou mixte (traitement d’automne ou début d’hiver) alors que les animaux sont encore sur des prairies à risques ou enlevés depuis moins de 8 semaines, une seconde intervention telle que décrite au point 2 sera alors nécessaire.

En laitier, une problématique particulière

L’impact de la grande douve est estimé à environ 1,5 kg/vache/jour sur les animaux les plus infestés. Il est donc conseillé de réaliser un titrage sur lait de tank pour estimer l’infestation moyenne du troupeau. Si celle-ci est élevée, un traitement de tous les animaux est à réaliser, en sachant que l’oxyclosanide a un délai d’attente lait de 4,5 jours. Si l’infestation est plus faible, un traitement au tarissement, bien que moins performant d’un point de vue zootechnique, permettra d’échapper au délai d’attente lait.

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