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« Mon petit-fils de 5 ans est déjà paysan »

Raphaël Lecocq

Jean-Paul Rouvelaud, éleveur de limousines dans la Haute-Vienne
Jean-Paul Rouvelaud, éleveur de limousines dans la Haute-Vienne (©RL)

La relève est assurée chez Jean-Paul Rouvelaud, éleveur de limousines en Haute-Vienne. Idem chez Damien Bosredon, en Corrèze. De quoi donner du baume au cœur, en attendant la vente aux enchères des vaches à viande.

Aucun signe de fatigue au niveau de la courroie de transmission des limousines. En tout cas de certaines entrevues sur le stand de la race au Salon de l’agriculture. A 64 ans, Jean-Paul Rouvelaud a mis le pied à l’étrier à son fils il y a une bonne dizaine d’années. Et la suite est prometteuse. « Âgé de 5 ans, mon petit-fils est déjà éleveur dans l’âme », se réjouit le grand-père, à la tête d’un troupeau de 170 mères à Saint-Martin-Terressus (Haute-Vienne). C’est à croire que dans le berceau de la race, la transmission s’opère dès le berceau. « Oui mais », poursuit l’éleveur, (il y a souvent un « mais » avec les paysans), « au train où vont les choses, c’est à se demander s’il y aura encore des consommateurs de viande dans le futur ».

Installé à Saint-Viance (Corrèze), Damien Bosredon a lui aussi transmis les gènes de la passion à son fils, âgé de 8 ans. « Il est tombé dans la potion magique », déclare-t-il. On attend le « mais »... « Mais la passion, c’est à double tranchant, c’est ce qui vous fait perdre le sens des réalités et travailler d’arrache-pied pour ne pas gagner grand-chose à la fin ».

Damien Bosredon, éleveur de limousines en Corrèze

« La vente aux enchères ? Un plouf dans un océan de charges ! »

Outre le fait d’avoir quelques gages sérieux quant au devenir de leur exploitation, les deux éleveurs ont un autre point commun. Une de leur vache à viande a été sélectionnée par Limousin Promotion pour participer à la vente aux enchères programmée en début de semaine. Une forme de consécration. « Quand vous êtes à la ferme, votre vache est la plus belle mais quand vous arrivez à Paris et que vous voyez les autres bêtes, des fois, vous baissez la tête », avoue humblement Damien Bosredon. Comme quoi la passion ne rend pas aveugle.

L’enjeu financier d’une vente aux enchères n’est pas neutre. Les enchères peuvent en effet porter le kg de carcasse à 10-12 € quand il atteint difficilement les 4,50 €/kg dans le circuit traditionnel aux cours actuels. Damien Bosredon relativise. « Quand vous en passez une dans l’année, vous êtes content. Et une bête à 6000 € ou 7000 €, c’est un grand plouf dans un océan de charges ». Il y a évidemment des frais supplémentaires à supporter, comme par exemple le fait d’assurer la promotion en magasin durant toute une journée dans le cas où une grande surface s’est portée acquéreuse. « L’an passé, je suis allé, à Nancy », déclare Jean-Paul Rouvelaud. « Elle est jolie la place Stanislas ». Mais... « C’est loin Nancy ».

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