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Des taureaux pour tous les pros

15 UNION DU CANTAL

Des taureaux pour tous les pros
Alain Boussaroque (technico-commercial EPV), Jean-Marie et Kévin Imbert avec la relève...

Fidèles des ventes de reproducteurs organisées par EPV à La Monthélie, Kévin et Jean-Marc Imbert témoignent de l’intérêt de cette formule.

Le choix du plein air intégral

Le choix du plein air intégral pour Kévin Imbert  a d’abord été guidé par l’absence de bâtiment sur l’exploitation qu’il loue depuis 2009. “Et en raison du coût de fonctionnement un peu élevé d’un bâtiment”, précise l’éleveur. Dans la colonne des avantages du plein air : très peu de problèmes sanitaires, des économies non négligeables de paille. Revers de la médaille : la gestion du troupeau est un peu plus compliquée et des volumes accrus en terme d’alimentation. “Quand elles sont dehors, les vaches mangent davantage et il se gâche davantage d’herbe par piétinement”, analyse Kévin Imbert. Quid du bien-être animal ? Avec des hivers très doux, un terrain porteur et de nombreux abris naturels (bois...), les animaux ne souffrent pas d’être au grand air tous les jours.

C’est un concentré de qualité et diversité génétiques de la race limousine que proposera le 6 février la coopérative les Éleveurs du pays vert (EPV) au travers de sa cinquième vente de taureaux reproducteurs de l’année au centre d’allotement de la Monthélie aux Quatre-Chemins. Un rendez-vous que Jean-Marie Imbert et son fils Kévin ont coché de longue date dans leur agenda. Des éleveurs fidèles de la première heure qui, chaque année, y ont acquis un - voire deux - taureaux. À chaque fois, des bonnes pioches. “On en a été content, c’est pour ça qu’on y revient”, indique Jean-Marie qui élève à Seignerolles de Rouffiac 66 mères limousines, quasiment toutes inscrites au herd-book. “On les achète sur les conseils avisés de Jean-Pierre Prodel, notre technicien broutards et repro.”

Priorité à la conformation

Ce qu’apprécie aussi cet Aveyronnais expatrié dans les années 80 dans le Cantal voisin - après une étape dans le milieu des cafetiers parisiens -, c’est de pouvoir échanger avec les propriétaires des 26 animaux sélectionnés par le trio de techniciens experts de la section repro limousine d’EPV(1) : Jean-Pierre Prodel, Pierre Reilhac et Ludovic Tardieu.

Dans le catalogue(2) de cette vente aux enchères sous pli cacheté, les éleveurs auront le choix de taureaux(3) typés viande, mixte ou élevage. “Mais nos techniciens repro axent quand même plutôt la sélection sur des reproducteurs qui vont améliorer la conformation sans détériorer les autres qualités de race, qualité maternelle, morphologie, développement... , précise Alain Boussaroque, technico-commercial d’EPV sur le Sud-Ouest Cantal et le Ségala lotois. Ici, on a surtout des systèmes broutards vendus au sevrage ou repoussés jusqu’à 400 kg, très peu font des taurillons finis. Ils sont donc avant tout demandeurs de conformation.” Priorité à la conformation que Jean-Marie confirme. “On cherche aussi des facilités de naissance, de la croissance et de la docilité”, complète Kévin Imbert installé en 2009 en individuel sur une exploitation de 52 ha en location avec une cinquantaine de mères. Un cheptel acquis auprès d’un éleveur sélectionneur reconnu.

Si père et fils s’entraident au quotidien, les deux élevages sont conduits de façon totalement indépendante avec chacun des spécificités. Kévin a fait le choix du plein air intégral (lire ci-dessous), d’où l’importance de la facilité de vêlage. Ses broutards sont vendus au sevrage pour l’export vers 8-9 mois, aux alentours de 350 kg, tandis que Jean-Marie les pousse jusqu’à 400 kg. M. Imbert père engraisse par ailleurs jusqu’à 500 kg carcasse toutes ses vaches de réforme qui sont ensuite abattues à Covial dans le cadre des filières qualité du groupe Altitude. Pour les deux troupeaux, c’est la même ration de base - foin et enrubannage - et le même souci de conserver une autonomie alimentaire. Malgré une sécheresse qui a obligé à affourager au pré en plein été, Kévin comme son père ont réussi à ne pas passer par la case achats, notamment grâce à une pousse d’herbe automnale salvatrice.

Des échanges appréciés avec les vendeurs

Si l’un comme l’autre projettent de revenir de la Monthélie avec une recrue pour la monte naturelle, leur choix n’est pas encore arrêté. Pour cause, “on n’a pas encore ouvert le catalogue ! s’amuse Jean-Marie. De toutes façons, même si les papiers et les origines c’est important, la décision, elle se fait sur place, quand on voit les animaux”. Des animaux exposés et présentés un par un par leur propriétaire - tous des éleveurs sélectionneurs reconnus de la section limousine - qui auront au préalable défini un prix plancher des enchères.

L’an dernier, le prix moyen de la vente s’était établi à 2 600 € pour les 18 taureaux vendus et la meilleure enchère à 4 000 €. “L’objectif n’est pas d’établir un record mais bien de satisfaire à la fois les vendeurs et les acheteurs, tous adhérents à EPV”, souligne Sophie Bargy, chargée de communication au groupe Altitude.

Rodé à l’exercice, Jean-Marie, qui préfèrerait des enchères à la main, glisse un conseil aux acheteurs potentiels : surtout pas de chiffre rond dans leurs propositions d’enchère, au risque de voir un animal leur passer sous le nez pour un petit euro.

(1) Qui compte 80 éleveurs.

(2) Catalogue sur le site internet du groupe Altitude (www.groupealtitude.fr, partie actualités) ou à demander en version papier.

(3) Originaires du Cantal, de Corrèze, Haute-Vienne, Creuse, Dordogne, Haute-Loire et Lozère.

Rendez-vous jeudi 6 février à 9 h 30, centre d’allotement de la Monthélie. Vente effective à 11 heures.

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